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130. La réveillon de la peur (30). 07/10/2017

130. La réveillon de la peur (30).
- Merci Misha, tu es vraiment... comment dire ? Hors du commun.
- Hors du commun, sûrement, j'aime pas faire comme les autres. Je vis en marge de la société, ça m'aide à survivre dans ce monde de brutes. Bon maintenant, trêve de plaisanterie, l'aveuglement de mes parents va nous servir et notamment pour te donner un peu plus de confort. Si ma mère refuse de se déplacer jusqu'au poulailler sous prétexte qu'elle a trop d'ouvrage, elle ne pourra par conséquent pas voir les oreillers et les couvertures que je te donnerai. Nous allons te faire un vrai lit dans lequel tu pourras dormir comme une petite fille et non comme une bête d'élevage.
- Merci Misha, t'es trop sympa !
- Pas de quoi, je ne vais pas te laisser vivre dans la merde en attendant notre évasion.
- Si je dois finir à la casserole, tu auras au moins adouci mes derniers moments.
Misha fit aussitôt un geste brusque de la main comme si elle allait me gifler, ses yeux brillaient de colère.
- Oh, veux-tu bien ne pas parler de casserole, mademoiselle la défaitiste, prononce-le encore une fois et je t'en retourne une ! J'essaie de faire mon possible pour te remonter le moral et toi tu agis comme si tu allais mourir dans un proche avenir.
- Pardon Misha, je ne voulais pas te blesser.
- Bon, ça va, n'en parlons plus mais cesse de te comporter comme une vaincue. Je sais que c'est pas facile mais fais-moi confiance. Je t'ai dit que nous allions nous enfuir mais ça se prépare pas en cinq minutes. Alors, autant que tu sois à l'aise pour que tu sois en pleine forme la nuit de notre départ.
- Nous partirons donc de nuit ?
- Oui parce que mes parents dorment et ça nous fera une belle avance quand ils s'apercevront de notre disparition.
- Tu as donc commencé à réfléchir à un plan ?
- Réfléchir, je fais que ça et je prépare déjà des denrées non périssables. Je les ai dissimulées dans des cachettes secrètes dans ma chambre et j'en mettrai peut-être ici dans le poulailler, nous les cacherons dans le foin.
130. La réveillon de la peur (30).

129. La réveillon de la peur (29). 06/10/2017

129. La réveillon de la peur (29).
- Il ne te tuera pas, Natie, je t'en fais le serment, nous serons parties bien avant Noël, nous serons très loin d'ici quand sonnera l'heure du réveillon. Bon je dois y aller maintenant sinon je vais encore me faire disputer par ma mère et j'ai pas envie qu'elle m'interdise de venir te voir. À ce soir, Natie !
Elle me plaqua un gros bécot mouillé et sortit du poulailler pour aller rejoindre sa mère. Pauvre petite Misha, comme elle était dévouée et prenait des risques pour moi !
Je passai ensuite une journée très ennuyeuse à pleurer sur mon sort, à attendre Misha et à manger les pauvres carottes qu'elle m'avait laissées. C'est une chance que je pus compléter ce pauvre repas par les bâtons de chocolat de mon amie. Elle avait remplacé l'eau savonneuse et je pus ainsi me rafraîchir un peu. Misha revint plus tard que d'habitude, il faisait presque nuit. Elle tenait un petit paquet à la main.
- Pourquoi tu viens si tard, Misha ? J'ai eu peur qu'on ne t'empêche de revenir. Tu n'as pas été battue, j'espère ?
- Non, rassure-toi mais il y avait énormément de patates à arracher. Regarde mes mains, elles sont toutes couvertes d'ampoules.
Dans le reste de clarté finissante, je vis les mains de mon amie pleine de cloques et je fus prise d'une haine farouche contre ses parents qui la faisaient travailler si durement.
- Ma pauvre Misha, tu n'as pas trop mal ?
- Non pas trop et je passerai du saindoux sur mes mains avant d'aller dormir, c'est radical pour calmer les écorchures.
Misha me donna ensuite le petit paquet.
- Voilà un pot de confiture et avant de protester ou de discuter, tourne sept fois la langue dans ta bouche parce que je me vexe vite et quand je me vexe, je suis partie pour des bouderies infinies. Oh pauvre Natasha, elle va penser que je suis une tortionnaire et elle n'osera plus me parler de peur de dire une bêtise. C'est plutôt moi qui devrais tourner ma langue sept fois dans ma bouche. Alors voilà pour ta peine, méchante Misha !
Et sous mon regard médusé, Misha se donna une grande claque sur la joue qui rosit instantanément.
- Oh faut pas me regarder comme ça, c'est pas la première fois que je me punis quand je fais ma langue de vipère. Tiens, prends ton pot !
129. La réveillon de la peur (29).

128. La réveillon de la peur (28). 05/10/2017

128. La réveillon de la peur (28).
- Où est ta maman ?
- Elle n'a pas voulu venir.
- Mais pourquoi ?
- Elle m'a dit que je lui faisais perdre son temps et qu'elle avait bien autre chose à faire que de contempler une bête que l'on engraissait pour Noël. Elle a dit que je devenais complètement gaga avec ce lapin et que si ça continuait comme ça, elle m'interdirait de te soigner. Elle a aussi ajouté que je ne devais pas trop m'attacher à toi car tu n'étais ni un chien ni un chat mais un animal qu'on élevait exclusivement pour la viande.
Des grosses larmes roulaient sur les joues de Misha tandis qu'elle me racontait le refus de sa mère de constater de visu que je n'étais pas un lapin. Je fus naturellement indignée de la cruauté et du manque de c½ur de ces gens qui non seulement brutalisaient leur fille mais s'adonnaient en outre à des rituels barbares comme d'engraisser des enfants pour les manger. On était au 21ème siècle et non plus dans le moyen-âge du conte d'Hansel et Gretel.
- Qu'est-ce qu'on va faire, Misha ?
Misha sécha aussitôt ses larmes d'un revers du bras. Elle me prit ensuite par les épaules et me regarda droit dans les yeux.
- Saperlipopette, je ne me doutais pas que ma mère était si obtuse, je veux la faire venir ici pour lui monter des évidences criantes mais elle répugne à se déplacer jusqu'ici. Elle fait l'autruche et refuse de voir la vérité en face. Inutile d'espérer de la faire venir désormais. Le coup a foiré mais ce n'est que partie remise, je vais réfléchir à un plan du tonnerre pour nous enfuir toutes les deux.
- Pourquoi pas tout de suite ? Ce que tu me racontes sur tes terribles parents me fait de plus en plus peur. Je les imagine avec des regards de carnassier.
- Et c'est pas exagéré car ils ont bien des regards de carnassier. D'ailleurs, si tu voyais mon père, il est encore plus gros que Gargantua et il a une force colossale. D'un seul coup de poing, il peut te briser en deux mais nous ne pouvons pas partir sans un plan mûrement réfléchi ni quelques provisions. La toundra, c'est l'équivalent russe du désert saharien.
- C'est donc en me brisant en deux avec ses poings que ton père va me tuer ?
128. La réveillon de la peur (28).
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Préfères-tu plus d'images et moins de texte ?
Viens découvrir mon autre blog : Zélie la Machine.
128. La réveillon de la peur (28).

127. La réveillon de la peur (27). 04/10/2017

127. La réveillon de la peur (27).
- C'est magnifique, on ne reconnaît plus la petite fille pouilleuse de la veille. Tu portes cette chemise de nuit bien mieux que moi. Et maintenant, cerise sur le gâteau, tu vas sentir très bon avec ça.
Elle m'aspergea généreusement avec un diffuseur de parfum qui sentait bon la violette.
- C'est à toi ce parfum ?
- Non, je l'ai piqué à ma mère mais comme elle ne l'utilise qu'une ou deux fois par an, c'est à peine si elle remarquera que le niveau a baissé.
- Oh Misha, il ne fallait pas prendre autant de risques pour moi, le savon était bien suffisant, tu sais.
- Tut tut tut, je ne veux rien entendre, nous devons mettre tous les atouts de notre côté. Le peigne maintenant.
- Le peigne ?
- Oui le peigne, tes cheveux sont en bataille, on dirait un régiment en déroute.
Je n'eus pas le temps d'en dire plus, Misha avait déjà saisi une mèche de mes cheveux et commençait à me peigner consciencieusement.
- Tu as de super beaux cheveux, un peu fin peut-être mais je possède de bons produits pour te les rendre un peu plus vigoureux et tu verras alors toutes les belles coiffures que l'on pourra réaliser avec. Dommage aussi que nous n'ayons pas le temps de les laver mais je pense que ça ira comme ça. Voilà, plus belle qu'une princesse de conte de fée. Attends-moi ici, je vais aller chercher maman.
Et elle quitta prestement le poulailler sans prendre la peine de remettre le cadenas. Si j'avais voulu, j'aurais pu tenter de fuir pour me cacher quelque part et quitter ces terres inhospitalières à la faveur de la nuit mais je ne me sentais pas ce courage. Je faisais confiance à Misha et je ne voulais pas qu'une fugue précoce de ma part lui attire des ennuis. D'ailleurs, je n'eus pas à attendre très longtemps. Quelques instants plus tard, elle était de retour mais elle était seule.
127. La réveillon de la peur (27).

126. La réveillon de la peur (26). 03/10/2017

126. La réveillon de la peur (26).
Quatorzième jour.

Quand Misha revint le lendemain, elle était toute guillerette. Elle portait une chemise de nuit aux motifs fleuris sur le bras. Elle exhiba fièrement le vêtement devant moi.
- Alors, c'est donc le grand jour aujourd'hui ? Elle est un peu délavée mais je pense que ce sera ta taille. Mais d'abord, les ablutions. Voilà du savon, enlève toutes ses vieilles frusques et lave-toi à fond.
- Mais l'eau est froide.
- Et alors, où est le problème ?
- Et bien, j'aime pas l'eau froide. Alors je vais juste me débarbouiller la figure et les bras.
- Non mais, voyez-vous cette petite mauviette qui a peur d'un peu d'eau froide ! C'est complètement ridicule, moi je fais ça tous les jours. Tu crois sans doute qu'on a l'eau chaude à la maison ? Non, il faut la faire chauffer dans de grandes bassines. Ça prend du temps, alors on prend un bain d'eau chaude toutes les quinzaines quand c'est pas tous les mois. Le reste du temps, on se lave à l'eau froide. Tu sens comme une vieille chèvre, alors lave-toi, saperlipopette, avant que je ne le fasse moi-même !
- Bon, te fâche pas, Misha, je vais me laver convenablement.
- À la bonne heure ! Si tu préfères que je me retourne, pas de problème, mais essaie de faire vite, il faudrait pas que mes parents arrivent à l'improviste. Attends, je t'enlève cet affreux serre-tête, le reste tu t'en occupes.
Misha ôta mes oreilles de lapin et je me sentis un peu plus humaine. Elle me donna ensuite le morceau de savon avec la chemise de nuit et me tourna le dos. Je quittai ma vieille peau de lapin sans un remord et me savonnai ensuite entièrement avec un réel bonheur, c'était comme si j'avais retrouvé le droit de revenir parmi les humains. Mon bain terminé, je passai la chemise de nuit et prévint Misha qu'elle pouvait se retourner.
126. La réveillon de la peur (26).

125. La réveillon de la peur (25). 02/10/2017

125. La réveillon de la peur (25).
- Eh, ma belle, c'est la Sibérie ici pas les boulevards de New-York. Mais on ne devra peut-être pas en arriver là. Si ça tombe, mes parents verront bien que tu es une véritable petite fille et te délivreront. Avec un peu de chance, mon père prendra son vieux bahut pour te conduire dans un endroit plus habité.
- Et pourquoi il ferait ça ?
- Pour pas avoir une bouche de plus à nourrir, si tu savais comme mes parents sont pingres !
- Mais toi, tu vas devoir rester ici avec tes parents qui te battent !
- Il faudra bien, j'ai nulle part où aller.
- Ah non alors, je refuse de te quitter !
- Moi aussi, je refuse de te quitter. Maintenant, je pourrais essayer de supplier mes parents de te garder ici mais ils seraient capables de te considérer comme une servante et te donner toutes les sales corvées qu'ils refusent de faire eux-mêmes et tu serais battue comme moi si c'est pas fait à la manière dont ils l'ont rêvé.
- Je préfère être battue plutôt que de perdre une amie comme toi !
- Tu es gentille, Natasha, mais moi, je veux pas que tu sois battue. Et avant de nous inquiéter du futur, occupons-nous du présent. Pour l'instant, il faut sauver ta tête.
Un frisson d'effroi me parcourut le dos.
- Il veut me décapiter ?
- Non, c'est juste une expression pour dire te sauver la vie. C'est pas comme ça qu'on tue les lapins.
- On les tue comment alors ?
- Ne compte surtout pas sur moi pour te le dire, ce n'est pas le moment de fiche ton moral en l'air. Demain matin, je t'apporte la chemise de nuit ainsi qu'un peu de savon, tu n'auras qu'à te laver dans l'abreuvoir. Désolée de te le dire mais tu sens le clapier, ma belle, et ça ne fera pas bonne impression, alors mieux vaut mettre tous les atouts dont on dispose. Si tu sens le lapin, ce sera difficile de les convaincre que tu n'en es pas un.
- Eh bien toi au moins, tu es franche !
- Toujours, je t'ai dit que je détestais les faux culs. Allez, à demain, Natasha, dors bien !
125. La réveillon de la peur (25).

124. La réveillon de la peur (24). 01/10/2017

124. La réveillon de la peur (24).
Misha revint ce soir-là mais toute sa gaieté avait disparu, ses yeux étaient tout rouges et enflés comme si elle avait beaucoup pleuré.
- Eh bien, Misha, pourquoi tu pleures ?
- C'est rien, juste une estocade de plus avec mon père.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
Misha releva les pans de son sarrau pour me montrer son dos. Il était couvert d'ecchymoses et de croûtes. Certaines plaies saignaient encore.
- J'ai pas pris la bonne huile pour graisser ses outils, elle était trop légère mais moi, je m'y connais pas dans les huiles de machine. Alors, il m'a barbouillé les cheveux avec l'huile que j'aurais dû utiliser et il m'a donné une rouste avec la corde à n½uds. J'ai eu tout juste le temps de me faire un shampoing avant de passer te voir.
- Mais c'est un bourreau ton père, tu dois t'enfuir !
- Et où tu veux que j'aille ? Au-delà de nos terres, c'est la toundra : un vaste désert où il n'y a rien à manger à part quelques plantes rabougries.
- Enfuyons-nous ensemble alors !
- J'y ai pensé figure-toi et c'est sans doute ce que nous devrons faire si mes parents restent aveugles au point de ne voir en toi qu'un vulgaire lapin mais c'est pas une évasion qui se prépare en cinq minutes. Pour qui ne connaît pas la toundra, c'est la mort à brève échéance et je te raconte pas le froid qu'il y fait en hiver.
- Mais justement, on n'est pas encore en hiver.
- L'hiver tombe très vite dans cette région et il nous faudra des semaines à marcher dans la toundra avant de découvrir un endroit habité.
- Des semaines ???
124. La réveillon de la peur (24).

123. La réveillon de la peur (23). 30/09/2017

123. La réveillon de la peur (23).
À ces mots qui me condamnaient à mort à si brève échéance, je me mis à pleurer. Misha lâcha ses paniers pour me prendre dans ses bras.
- Allons, Natasha, pas d'abattement ! Est-ce que je ne t'ai pas dit que j'étais plus têtue qu'une bourrique ? J'ai fait le serment de te délivrer et je tiendrai parole même au prix de ma vie. Si mes parents persistent à voir en toi un lapin alors que je leur mets des preuves écrasantes sous les yeux que tu es une petite fille, je réfléchirai à un autre plan. Fais-moi confiance ! Tu me fais confiance, Natie ?
- Sûre que je te fais confiance, je n'ai jamais eu une amie comme toi.
- Alors tout va pour le mieux et sache que moi non plus, je n'ai jamais eu une amie comme toi. Bon je te laisse, mon père a inventé que je devais graisser ses outils. Tu crois que c'est un travail pour une fille de graisser des outils ? Mais si je dis non, j'aurai droit à la corde à n½uds. Alors, je préfère avoir les mains grasses plutôt que d'être incapable de m'asseoir pendant huit jours. A ce soir Natie !
- À ce soir Misha et sois prudente quand même.
- T'inquiète pas pour moi, quand on vit parmi des loups, on apprend à esquiver leurs morsures.
123. La réveillon de la peur (23).

122. La réveillon de la peur (22). 29/09/2017

122. La réveillon de la peur (22).
Treizième jour.

Le lendemain, Misha était au rendez-vous comme promis. Après s'être acquittée du rituel mangeoire et abreuvoir, elle me tendit un nouveau bâton de chocolat. Comme j'ouvrais la bouche pour protester, elle fronça les sourcils et me fixa d'un regard si sévère que je restai silencieuse et acceptai son offre sans protester.
- Non, Natasha, je n'accepterai aucun refus à moins que tu ne détestes le chocolat mais, si c'était le cas, tu me l'aurais déjà dit, je suppose. Alors, tu détestes le chocolat ? Tu peux me le dire franchement et je t'apporterai autre chose. Moi je préfère qu'on me parle franchement, j'aime pas les faux culs.
- Oh non, je l'adore bien au contraire. Merci Misha !
- De rien, c'est de bon c½ur et quand j'ai décidé quelque chose, je le fais. Je suis plus têtue qu'une bourrique, il va falloir t'y habituer. Maintenant, écoute-moi bien : demain matin, je t'apporterai une de mes anciennes chemises de nuit. Tu l'enfileras à la place de cette vieille peau toute crasseuse et nous ôterons ce serre-tête ridicule. J'appellerai ensuite maman pour lui montrer comment tu es devenue, que tu n'es pas plus lapin que moi ou elle.
- Tu crois que ça marchera ?
- Je l'espère mais de toute manière, tu garderas la chemise de nuit.
- Je préférerais garder ma peau de lapin et être libre, tu sais !
- Je m'en doute mais fais-moi confiance, nous trouverons bien un moyen de te délivrer.
- Tu n'as qu'à laisser la porte ouverte, je n'aurai qu'à m'enfuir.
- Non, nos terres sont très vastes, mes parents te rattraperaient avant que tu n'aies pu rejoindre la route, sans compter les pièges que mon père a glissé un peu partout. Tu pourrais être sévèrement blessée et mes parents, te prenant toujours pour un lapin, t'achèveraient et te mangeraient avant la date prévue.
122. La réveillon de la peur (22).

121. La réveillon de la peur (21). 28/09/2017

121. La réveillon de la peur (21).
Misha revint ce soir-là, son visage rayonnait de bonheur...
- J'ai fait mon possible pour terminer mes corvées en un temps record. Alors, je viens te tenir un peu compagnie. Voilà pour toi, je l'ai chipé dans le garde-manger mais en dehors de mes desserts, je ne peux pas te promettre quelque chose à chaque fois, je dois faire gaffe que ça ne se remarque pas.
Misha me tendit cette fois un petit paquet de biscuit.
- Oh Misha, je ne veux pas que tu prennes des risques pour moi !
Mais Misha me fourra de force le paquet dans les mains.
- Veux-tu bien prendre ces biscuits et ne pas faire d'histoire ? Je sais ce que je fais et ça me peine de te voir enfermée ici. Tout ce que je te demande c'est de ne laisser traîner aucun papier et de me les donner quand je viens te voir.
Misha me montra une anfractuosité entre deux pierres mal jointes dans le mur du poulailler.
- Tiens tu n'as qu'à les glisser ici en attendant. Si j'osais, je t'apporterais un vieil oreiller du grenier mais ça semblerait louche pour mes parents qui ne voient en toi qu'un lapin.
- Oh mais je t'assure qu'on est très bien dans la paille, même sans oreiller.
- Ce serait quand même mieux avec des draps et une couverture, ça doit gratter la paille à la longue.
Je dus reconnaître que Misha avait raison, j'avais des démangeaisons partout depuis que je dormais sur une litière de lapin.
- Bon maintenant, écoute-moi bien ! Je pense avoir trouvé un moyen de lever ce malentendu qui fait que mes parents croient que tu es un lapin. Nous allons t'habiller avec de vrais vêtements et ensuite, je leur demanderai de venir ici pour constater que tu es bien une petite fille comme moi.
- Tu crois que ça marchera ?
- Je n'en sais rien et si ça ne va pas, nous trouverons bien autre chose. Les idées, ce n'est pas ça qui manque chez moi. Bon, faut que j'y aille parce que ma mère m'a encore donné de nouvelles corvées alors qu'elle m'avait bien dit que c'était fini pour aujourd'hui. Et si j'obéis pas dans la minute, c'est la correction à coup sûr. A demain, Natasha, et dors bien !
121. La réveillon de la peur (21).