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150. La réveillon de la peur (50). 27/10/2017

150. La réveillon de la peur (50).
- Eh bien, si tu avais eu des amis de ton âge, tu aurais pu les inviter ici. Tu m'aurais présentée et on aurait pu se rendre compte s'ils me prenaient pour une fille ou un lapin.
- Oui, je comprends ce que tu veux dire mais je n'ai qu'une amie de mon âge, c'est toi et même si je connaissais des enfants en ville, comment veux-tu que je les fasse venir ici alors que 50 kilomètres de toundra nous séparent ?
- C'est juste, j'oubliais que nous étions si loin des lieux habités mais qu'est-ce qui se passera si les habitants de la ville me prenaient pour un lapin.
- À ta place, je ne m'inquièterais pas trop pour ça, il n'y a que mes parents qui soient assez fous pour te confondre avec une bête et même si nous rencontrons en ville quelques personnes assez fêlées pour te confondre avec un lapin, elles ne vont quand même pas se jeter sur toi pour te manger. Je mange la viande produite par les vaches de mon père mais c'est pas pour ça que je me jette dessus avec un coutelas quand j'en vois une.
L'image de Misha sortant un gros coutelas pour se tailler un steak dans une vache encore vivante était si drôle que j'éclatai de rire. Mon amie m'imita aussitôt.
- À la bonne heure, voilà le moral qui revient, dit Misha en me tapant amicalement l'épaule. Lève-toi un peu que je puisse voir l'effet de tes nouveaux vêtements.
Je me redressai et Misha me contempla sur toutes les coutures.
- Il n'y a rien à redire si ce n'est que cet ensemble te va bien mieux qu'à moi. Tu es née pour être mannequin dans un grand magasin de haute couture.
- C'est sérieux ou tu plaisantes ?
- Tout ce qu'il y a de plus sérieux, je dis toujours ce que je pense et si tu avais ressemblé à un vieux sac de pommes de terre, je n'aurais pas manqué de te le dire.
- Je ne sais pas si c'est bien de dire vraiment tout ce qu'on pense, à la longue on risque de blesser quelqu'un et de se mettre en dispute.
150. La réveillon de la peur (50).
Viens découvrir mon troisième blog : Sirène en eau trouble.
150. La réveillon de la peur (50).

149. La réveillon de la peur (49). 26/10/2017

149. La réveillon de la peur (49).
- Tu m'as l'air bien pensive, Nat, mais faut surtout pas te tracasser, tu ne finiras pas dans la casserole.
- Oh, ce n'est pas à ça que je pensais.
- Tu t'inquiètes pour notre expédition ? Elle ne sera pas sans risque, je ne te le cache pas, mais à deux nous nous en sortirons, tu verras !
- Non, je me demande d'où je viens, qui je suis et pourquoi j'ai atterri ici dans le poulailler d'une famille inconnue. Quand j'essaie de me rappeler mon passé, c'est le noir total.
- Tu te rappelles déjà de ton prénom, le reste viendra petit à petit je suppose.
- Misha, ça fait plus de deux semaines que je suis ici et tout ce que je sais, c'est mon prénom.
- Faut pas t'inquiéter, Natie, tu as sans doute reçu un choc qui t'a privé momentanément de mémoire mais ça va revenir, j'en suis sûre.
- Je ne dois pas m'inquiéter alors que j'ai perdu la mémoire et que je devrai prendre la fuite dans un désert rempli de bêtes féroces si je ne veux pas finir en civet mais tu as parfaitement raison, je ne dois pas m'inquiéter.
- Ne te fâche pas, Nat, je fais mon possible pour t'aider. Moi non plus je ne comprends pas comment tu as atterri ici et pourquoi mes parents te prennent pour un lapin mais voilà il nous faudra faire avec et essayer de nous en sortir toutes seules.
- Désolée, je suis à bout et je ne sais plus ce que je dis.
- Je m'en doute que tu es à bout, ma pauvre Natie, qui ne le serait pas à ta place ?
- Tu connais des gens en ville ?
- Non, je t'ai dit que je n'y allais qu'occasionnellement quand mes parents ont jugé que je l'avais mérité.
- Dommage, j'aurais voulu vérifier quelque chose.
- Vérifier quoi ?
149. La réveillon de la peur (49).
Viens découvrir mon troisième blog : Sirène en eau trouble.
149. La réveillon de la peur (49).

148. La réveillon de la peur (48). 25/10/2017

148. La réveillon de la peur (48).
- À ce soir, Misha, et encore merci.
- Pas de quoi, j'ai hâte de te voir dans ton nouveau costume.
Mon amie partit d'un pas léger. D'un simple geste, j'ôtai ma chemise de nuit pour enfiler les vêtements que Misha m'avait donnés. Je me sentis tout de suite un peu mieux, c'était comme un pas de plus vers la liberté. Je regrettai de n'avoir que l'eau d'un bac comme miroir parce que c'était difficile de juger de l'effet produit. Mais Misha me donnerait sûrement son appréciation le soir même et, telle je la connaissais, je pouvais m'attendre à un commentaire objectif et non à une mièvrerie flatteuse. Aucune hypocrisie chez Misha, elle dévoilait tout de suite le fond de sa pensée au risque parfois de blesser la personne à laquelle elle parlait. Je n'avais jamais connu une fille comme ça mais quand je prenais la peine d'y réfléchir, est-ce que j'avais connu d'autres gens avant elle en dehors des premières visites d'Annabelle ?
Quand j'essayais de me souvenir de ma vie passée, c'était comme un grand vide, le noir absolu. Je ne me souvenais même pas d'avoir été vendue pour lapin dans un quelconque marché. Qui avait fait ça et pourquoi ? Et pourquoi me prenait-on pour un lapin à l'exception de Misha et d'Annabelle avant elle ? Outre mon aspect très dissemblable à celui d'un rongeur, je n'entrais même pas dans le gabarit. À moi toute seule, j'avais bien le poids d'une douzaine de lapins réunis et l'on m'avait enfermée dans un poulailler et non un clapier, endroit beaucoup plus petit mais mieux adapté pour un lapin. Fallait-il en conclure que le monde avait été soudain saisi d'une démence collective ? Et si je rencontrais d'autres personnes, verraient-elles une fillette ou un lapin ? Il y avait peut-être un moyen de le savoir, Misha avait sans doute d'autres connaissances en dehors de moi et de ses parents. Et ma famille, que devenait-elle ? Car je devais sûrement faire partie d'une famille, les enfants ça ne pousse pas tout seul. S'inquiétait-elle de ma disparition ? Faisait-elle d'intensives recherches afin de me retrouver ? Est-ce que j'avais des frères, des sœurs ou bien étais-je fille unique ? Tant de questions qui demeuraient sans réponse. Je ressassai tous ces mystères une bonne partie de la journée, mangeant et buvant mes maigres provisions sans même y penser. Quand Misha fut de retour, elle me trouva assise sur ma couche en train de réfléchir intensément.
148. La réveillon de la peur (48).

147. La réveillon de la peur (47). 24/10/2017

147. La réveillon de la peur (47).
Misha avait bien deviné, j'adorais la taquiner. J'adorais d'autant plus qu'elle faisait souvent preuve d'autorité avec moi et que je voulais lui montrer que moi aussi, j'avais mon petit caractère.
- Je pense avoir trouvé ton point faible, Mimi. Tu manques singulièrement de patience.
- Franchement, je n'aurais jamais cru que tu étais aussi immature, ma pauvre Nat.
Je partis la tête en arrière pour rire à gorge déployée.
- Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de comique. J'ai devant moi une demeurée à qui l'on offre un cadeau et qui met une heure pour l'ouvrir.
- Pas une heure, Manouche, ça fait tout au plus cinq minutes que tu m'as donné ce cadeau.
- Mais saperlipopette, elle a juré de me rendre dingue, cette fille ! Ecoute-moi bien, Nat, je compte jusqu'à trois et si à trois ce maudit paquet n'est toujours pas ouvert, je m'en vais pour aller bouder jusqu'à ce que ma colère soit apaisée. Et pour ta gouverne, j'ai eu de très longues bouderies qui ont duré plusieurs jours.
Je vis que cette fois elle ne plaisantait pas et je déchirai fébrilement le papier journal. Je découvris un pantalon jean un peu délavé mais d'une propreté impeccable, un chemisier rose ainsi d'une paire de grosses chaussettes.
- Merci Misha, c'est vraiment trop...
Me rendant compte que « trop » était un mot interdit dans le contexte actuel, je m'empressai d'ajouter :
- Désolée de t'avoir fait enrager, je ne sais pas ce qui m'a pris.
- Bon, n'en parlons plus, dit Misha un peu radoucie. Ce n'est peut-être pas ce qu'il y a de plus élégant mais ce sera quand même mieux que de porter des vêtements de nuit toute la journée. Il ne manque que les chaussures alors je t'ai mis la paire de chaussettes la plus épaisse que j'avais. Tu vas pouvoir te changer parce que je dois déjà te quitter, j'ai encore des corvées pas croyables à faire. A ce soir, Natie.
147. La réveillon de la peur (47).

146. La réveillon de la peur (46). 23/10/2017

146. La réveillon de la peur (46).
Misha me regarda comme si je venais de lui annoncer que je n'étais ni lapin ni humaine mais un extraterrestre débarqué d'une lointaine planète pour les espionner.
- Eh, Nat, t'es vraiment bête ou tu le fais exprès ? Je plaisantais, bien sûr que c'est pour toi !
- Désolée mais j'étais encore mal réveillée.
- Ça se voit, on dirait un zombie qui sort de sa tombe.
- Il y a des zombies ici ?
- Tu prends vraiment tout à la lettre, toi !
- C'est que tu as un humour très particulier.
- Laisse tomber, va ! Ouvre plutôt ton paquet mais si j'entends des phrases telles que « tu as pris trop de risques », « c'est bien trop beau pour moi » ou encore « je suis trop gentille », je demanderai à mon père de venir te nourrir demain matin.
- Oh je vois, mademoiselle Misha me fait déjà du chantage tout au matin. Mais je sais maintenant que c'est du bluff et que tu ne diras rien.
- Ah tu crois ça ! Sache que quand je suis en colère, je suis capable de tout.
- Désolée Misha mais avec moi, ça ne marche plus.
- Bon tu l'ouvres ton paquet ou je dois le faire pour toi ?
L'impatience de Misha commençait à me divertir follement et, loin de m'intéresser au paquet, je commençai à agiter mes mains comme si elles avaient été deux éventails.
- Mais qu'est-ce que tu fais ? Tu as la tremblote ou quoi ?
- J'essaie de réveiller mes mains de zombie après leur trop long sommeil.
- Tu as donc décidé de me faire bisquer aujourd'hui ? Mais qu'est-ce que tu attends pour ouvrir ton cadeau ?
146. La réveillon de la peur (46).

145. La réveillon de la peur (45). 22/10/2017

145. La réveillon de la peur (45).
Dix-septième jour.

Le lit, que mon amie avait préparé, était si agréable que je m'endormis tout de suite après son départ. Avec un ange gardien comme elle, je n'avais vraiment plus rien à craindre. C'est même elle qui me réveilla le lendemain matin par une douce pression sur mon épaule.
- On dirait que je l'ai pas trop mal réussi ce lit finalement. Tu dormais comme un ange, j'ai eu du mal à te réveiller. Allez debout, grosse paresseuse, tu dois te faire belle aujourd'hui !
Je me frottai les yeux encore toute ensommeillée.
- Me faire belle, mais pourquoi ?
- Tu ne vas pas rester en chemise de nuit toute la journée, non ?
- Mais elle est très bien cette chemise de nuit et je n'ai pas envie de remettre cette vieille peau de lapin.
- Mais qui te parle de remettre cette vieille peau de lapin ? J'ai dit que tu devais te faire belle et cette vieille peau est tout ce qu'on veut sauf belle.
- Désolée mais je ne comprends pas !
Misha pouffa de rire.
- C'est pas très gentil de te moquer de moi.
- Tu comprendras vite en ouvrant ce paquet, voilà pour toi, ma belle.
Et elle me tendit un paquet enveloppé de papier journal.
- Désolée pour le papier mais j'ai pas trouvé mieux et je voulais l'emballer pour faire plus comme une surprise.
- C'est... c'est pour moi ?
- Non, c'est pour le pape !
- Mais alors, tu t'es trompée de destinataire, je ne dois pas l'ouvrir.
145. La réveillon de la peur (45).

144. La réveillon de la peur (44). 21/10/2017

144. La réveillon de la peur (44).
- Mais pourquoi ton père met autant de pièges ?
- Parce que c'est un vrai parano, il s'imagine toujours que des rôdeurs vont lui voler des bêtes alors qu'il ne passe jamais rien ni personne ici.
- Au fait, on ne le voit jamais non plus par ici ton père.
- Et ça vaut mieux que tu ne le vois jamais, il ne s'occupe des lapins que pour les tuer. Bon, tu n'en es pas un mais lui te voit comme tel. Oh moi et ma grande langue, j'aurais dû me taire, maintenant tu risques de passer une mauvaise nuit à cause de moi.
- Non t'inquiète pas, Misha, j'ai confiance en toi, je sais que tu nous trouveras un bon plan pour sortir d'ici.
- C'est donc pour ça que n'es pas partie ce matin ? Parce que tu me faisais confiance ?
- Oui je me suis dit que toute seule je n'avais aucune chance alors que toi tu connais bien la région.
- J'en connais peu qui seraient restés comme toi alors que la liberté leur tendait les bras. Tu es courageuse, Natie, et je te remercie pour ta confiance.
- À qui pourrais-je remettre ma confiance sinon à toi ?
- Tu as raison, nous devons nous serrer les coudes et ne plus trop traîner maintenant car le temps presse. Je ne parle pas de l'échéance de Noël mais septembre approche à grand pas et passé septembre, c'est le commencement du rude hiver sibérien.
Misha me quitta après m'avoir souhaité la bonne nuit et promis un nouveau cadeau pour le lendemain. Elle refusa de m'en dire plus, déclarant qu'elle ne voulait pas me gâcher la surprise mais que je serais sûrement très très contente.
144. La réveillon de la peur (44).

143. La réveillon de la peur (43). 20/10/2017

143. La réveillon de la peur (43).
- Bonsoir Nat, en pleine lecture à ce que je vois ! Ils sont beaux les contes de la toundra ?
- C'est passionnant, je suis en train de lire « Le corbeau et le soleil. »
- C'est un de mes préférés, il explique pourquoi la toundra est si froide en hiver.
- J'ai bien eu peur que tu ne reviennes pas, Misha !
- Et pourquoi, je ne serais pas revenue ? Nous ne nous sommes même pas disputées !
- Tu semblais avoir si peur ce matin que ta mère te flanque une rouste, j'ai eu bien peur qu'elle ne passe à l'action.
- Ah celle-là, laisse tomber, elle aboie beaucoup mais j'essaie toujours de prendre mes distances pour pas me laisser mordre. D'ailleurs, elle sait très bien qu'elle a besoin de moi pour travailler et elle a pas intérêt à m'emmerder sinon, je fais grève.
- Mais elle te frappe parfois ? Comme le fait ton père ?
- Oh ça peut lui arriver quand elle est de méchante humeur mais j'ai l'habitude d'encaisser.
- Ma pauvre Misha, tu ne dois pas être très heureuse ici.
- Voilà bien pourquoi je suis aussi pressée que toi de me barrer d'ici.
- J'ai bien failli me tirer d'ici ce matin. Tu avais oublié de refermer le cadenas et la clé était restée dessus. Alors un moment, j'ai pensé sortir et puis j'ai songé à tous les dangers qui m'attendraient et j'ai renoncé.
- Je viens de m'en apercevoir en rentrant dans le poulailler. Ne retrouvant plus la clé du cadenas, j'avais pris celle de réserve. Heureusement que mes parents ne passent jamais ici ou bien ils auraient été drôlement furax mais c'est une chance que tu ne sois pas sortie finalement. Non pas que ça me dérange mais comme je te l'ai dit : cet endroit est truffé de pièges et pour qui ne les connaît pas, c'est comme progresser à l'aveugle dans un champ de mine.
143. La réveillon de la peur (43).

142. La réveillon de la peur (42). 19/10/2017

142. La réveillon de la peur (42).
Misha sortit et referma la porte du poulailler. Elle me fit ensuite un petit signe de la main avant de s'éloigner. Quand elle fut hors de vue, je remarquai qu'elle avait oublié de verrouiller le cadenas. J'attendis encore quelques instants pour aller examiner la porte et son fameux cadenas. Le poulailler était constitué de trois parois grillagées adossées contre un mur. Il était couvert d'un toit en tôles ondulées complètement rouillées, confort minimal pour des poules, des lapins ou cette pauvre Natasha victime de l'aveuglement de fermiers complètement bornés. Le treillis en petits losanges me permit de passer la main et bientôt, j'agrippai le cadenas, il était bien déverrouillé et la clé était restée dessus. L'anneau était engagé dans les deux pitons qui assuraient la fermeture de la porte. Avec un peu d'adresse et de patience, je pourrais faire glisser l'anneau du cadenas hors des pitons, le faire tomber et ainsi m'assurer la liberté. Pendant un moment, je fus bien tentée de le faire. Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras comme on dit et ne valait-il pas mieux la liberté tout de suite plutôt que d'attendre un quelconque plan d'évasion qui n'était pas encore au point ? Je pensais à cette délicieuse idée de liberté tandis que ma main faisait osciller le cadenas entre ses deux pitons.
Oui mais et si Misha avait raison ? S'il y avait réellement des pièges sur ce terrain dont seule cette famille de fermiers connaissait l'emplacement exact ? Et si la toundra était vraiment dangereuse ? Mais d'un autre côté, ne valait-il pas mieux périr dans la toundra plutôt que de finir dans une casserole ? Et Misha alors ? Est-ce que je lui faisais si peu confiance pour décider de partir toute seule sans son aide ? M'enfuir maintenant, c'était rencontrer la mort à coup sûr alors qu'avec Misha, nous avions de solides chances de nos en sortir car elle semblait connaître la région comme sa poche. Ma main lâcha le cadenas ouvert trop tentant et j'allai m'asseoir sur la nouvelle couche que Misha m'avait préparée. Réellement confortable par rapport à ce que j'avais connu ces quinze derniers jours, j'allais enfin pouvoir passer une nuit digne de ce nom. Bien confortablement assise, j'ouvris le livre que Misha m'avait donné et commençai à lire : « Les plus beaux contes de la toundra ». Quand Misha revint me voir, il faisait presque nuit et je lisais toujours à la clarté de la lampe de poche.
142. La réveillon de la peur (42).

141. La réveillon de la peur (41). 18/10/2017

141. La réveillon de la peur (41).
- Et si on partait de nuit comme tu voulais le faire y a pas longtemps.
- J'y ai bien réfléchi mais ce n'est pas possible, ce bahut fait un bruit d'enfer. Ils seraient réveillés dès que j'aurais mis le moteur en marche et je n'ose pas imaginer ce qui se passerait si mon père nous voyait toutes les deux dans son bahut.
- Bah, on n'aura qu'à se mettre en route, ton père ne saura jamais nous rattraper à pied.
- Ah tu crois ça ? Le bahut est très lent au démarrage et le moteur cale aux premiers mètres tellement il se fait vieux. Si mon père est assez rapide, il pourra nous rattraper et même si nous avons eu assez de chance pour prendre de la vitesse, rien ne l'empêchera de prendre sa carabine et tirer dans les pneus pour nous forcer à nous arrêter.
- Ton père ferait vraiment ça ? Mais il complètement fou !
- Mon père est capable de tout et c'est sûr qu'il est fou, je pensais que tu l'avais déjà compris. D'ailleurs ce serait bien trop risqué de rouler de nuit avec ce vieux machin tout pourri. On y verrait à peine pour se diriger malgré les phares et on se perdrait dans la toundra sans espoir de rejoindre le moindre endroit habité. Mais il va falloir que je te quitte. Ma mère m'a demandé de traire les vaches et si je suis en retard pour ma besogne, si tout n'est pas fait avant midi, je vais encore me payer une belle rouste. À ce soir, Natie !
141. La réveillon de la peur (41).