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160. La réveillon de la peur (60). 06/11/2017

160. La réveillon de la peur (60).
- Qu'est-ce qui ne vas pas, Manouche ?
- C'est rien, te tracasse pas !
- Allez, dis-moi !
- Ce n'est rien que tu puisses arranger. Alors, à quoi bon te tracasser avec ça ?
- Qu'en sais-tu que je ne peux rien arranger, je suis ton amie, n'est-ce pas ?
- Oui mais là, c'est impossible que tu puisses m'aider.
- Et même si je ne peux pas t'aider, ça fait toujours du bien de se confier.
- J'ai perdu quelque chose auquel je tenais beaucoup. Ça fait depuis ce matin que je retourne ma chambre et je ne parviens pas à mettre la main dessus.
- Je pense pouvoir t'aider à retrouver cette chose précieuse, Manouche.
- Et comment ? Tu n'es pas censée sortir du poulailler. Oh remarque que je ne demande pas mieux de te rendre la liberté mais imagine la tête de mes parents s'ils te voient dans ma chambre. Pfouiii, je préfère ne pas y penser !
- Je n'aurai pas besoin de sortir de ce poulailler pour t'aider à retrouver cet objet.
- Là, je ne comprends pas.
Je commençai à rire, ce qui ne fut pas au goût de mon amie.
- Si c'est une plaisanterie, elle est de très mauvais goût et ce n'est pas très gentil de ta part de te moquer de ma mésaventure.
Je compris ma maladresse et avant que la situation ne s'envenime, j'ouvris le livre de conte pour en sortir la photo. À sa vue, le visage de Misha fut transfiguré : de renfrogné il se para sans transition d'un radieux sourire et ses yeux étincelèrent comme des diamants.
- Tu l'as retrouvée ? J'y crois pas ! Mais où elle était ?
- Près de l'abreuvoir, elle a dû glisser de ta poche au moment où tu te baissais pour que je te démêle les cheveux.
160. La réveillon de la peur (60).

159. La réveillon de la peur (59). 05/11/2017

159. La réveillon de la peur (59).
Non, ce n'est pas possible, Misha ne m'aurait jamais trompée. Elle n'est pas méchante à ce point-là. C'est ma trop grande imagination qui me joue des tours. Déjà dans le passé, maman me disait que j'avais trop d'imagination. Dans le passé ? Ainsi, j'avais au moins une mère et elle me reprochait d'avoir trop imagination. C'est le troisième souvenir qui me revenait depuis ce matin, c'était bon signe. Une envie subite me poussa à regarder la photo une seconde fois. J'ouvris donc le livre de contes de la toundra pour la contempler à mon aise. Un détail semblait ne pas cadrer sur ce cliché mais je n'arrivais pas à cerner lequel. Agacée de ne pas trouver l'astuce, je finis par refermer le livre sur la photo et à le glisser sous mon oreiller.
Quand Misha revint ce soir-là, elle semblait fort soucieuse comme perdue dans ses pensées et, bonheur combien ineffable, elle n'avait pas apporté le shampoing.
- Ca va Misha ?
- Bof.
Bof n'étant pas une expression favorite de Misha, je commençai à m'inquiéter un peu. Mon amie si vaillante, si courageuse prononçant un simple bof d'abattement ? Je préférais encore quand elle se mettait en colère et criait bien haut et fort : « Saperlipopette ! »
159. La réveillon de la peur (59).
Je ne sais pas si le personnage de Misha est maudit mais toujours est-il que la troisième à jouer ce rôle a dû nous quitter précipitamment pour raison de santé. Elle est en convalescence au sanatorium de Pandémonium et ne désire pas reprendre le rôle. Il fallait donc trouver d'urgence une quatrième Misha afin de poursuivre le tournage. Quand j'ai reçu l'offre via internet, j'ai tout de suite accepté. Je n'ai aucune expérience cinématographique mais je suis une fille de poigne, d'énergie et j'aime les défis quand ils se présentent. Alors, Natasha n'a qu'à bien se tenir, voilà enfin une Misha avec du répondant.
Je renouvelle les excuses de mon infortunée prédécesseur pour des perturbations décidément tout à fait indépendantes de notre volonté. Bon spectacle et, le plus important, n'oubliez surtout pas de lâcher vos coms !
159. La réveillon de la peur (59).

158. La réveillon de la peur (58). 04/11/2017

158. La réveillon de la peur (58).
En attendant, Misha devait sans doute s'inquiéter pour la disparition soudaine de cette photo. Je la glissai dans le livre de conte de la toundra pour la protéger temporairement. Je la restituerais dès ce soir mais allais-je poser des questions sur Anouchka ou faire comme si je n'avais rien remarqué. Bah, je jugerais bien à l'attitude de Misha. Si elle semblait embarrassée, j'essayerais de satisfaire ma curiosité un peu plus tard. Si ma théorie, selon laquelle Anouchka n'était plus de ce monde était juste, je comprenais d'autant mieux pourquoi Misha était si attachée à moi et avait hâte de fuir cet endroit qui ne lui rappelait que des malheurs. Une petite voix fort désagréable monta alors dans ma tête : « À moins que Misha ne t'ait menti. Tu peux être sûre qu'Anouchka est toujours vivante. Et tu sais ce qu'elles font en ce moment les deux jumelles ? Elles sont en train de rire du bon tour qu'elles viennent de te jouer. Peut-être même qu'elles se relaient pour venir te rendre visite. Qui est venue ce matin pour que tu lui démêles les cheveux ? Misha ou Anouchka ? Grave question, n'est-ce pas ? Elles se ressemblent tellement ! Si tu veux mon humble avis, il n'y aura pas de fugue dans la ville. A-t-on jamais vu une gamine de dix ans conduire une camionnette ? Voyons, c'est du pur roman à deux balles. Et vous n'irez pas non plus vous perdre dans la toundra. Pourquoi Misha irait-elle abandonner sa s½ur aimée pour risquer sa vie avec toi ? Ouvre-les yeux, voyons ! Le mieux que tu aies à faire, c'est de chercher toi-même le moyen de te sortir de là. Et à ta place, je mettrais le turbo, car même si le réveillon de Noël semble encore loin, les jours continuent à défiler inexorablement. Si tu ne te remues pas un peu le popotin, tu te retrouveras le 24 décembre en train de rêver d'évasion tandis que l'affreux père André aiguisera son couteau pour te faire passer de vie à trépas. »
158. La réveillon de la peur (58).
Viens découvrir mon troisième blog : Sirène en eau trouble.
158. La réveillon de la peur (58).

157. La réveillon de la peur (57). 03/11/2017

157. La réveillon de la peur (57).
Je ramassai le carton où figurait une inscription à moitié effacée mais encore lisible « Misha et Anouchka pour la vie » et le retournai. C'était une photo un peu froissée par de nombreuses manipulations. On y voyait deux petites filles assises sur un banc devant un mur de vieilles pierres. La première était Misha posant dans le sarrau et le vieux pantalon qu'elle portait quotidiennement. Sur le cliché, Misha avait la même petite bouche rieuse et un peu moqueuse que je lui connaissais. Les traits de la seconde petite fille me frappèrent de stupeur car si elle était un peu plus mince, c'était la copie conforme de Misha. Elle posait avec le chemisier rose et le pantalon jeans que je portais en ce moment. La fille au chemisier rose avait posé sa tête sur l'épaule de Misha tandis que Misha avait mis sa main autour du cou de la fillette en un signe protecteur.
Misha et Anouchka pour la vie. Ainsi Misha avait une s½ur jumelle appelée Anouchka. Pourquoi me l'avait-elle caché ? Et pourquoi m'avoir affirmé qu'elle n'avait jamais connu d'autres enfants que moi ? Au vu de la photo et de son inscription derrière, elle semblait même très très attachée à cette s½ur. Dans ce cas, pourquoi l'abandonner pour fuir avec moi dans cette ville inconnue ? Y avait quelque chose qui ne collait pas avec le caractère de Misha car elle me semblait plutôt fidèle dans ses amitiés. Aurais-je mal jugé Misha ? Me serais-je trompée complètement sur son compte ? Non, ce n'était pas possible. À moins que... À moins que sa s½ur n'ait disparu ou ne soit décédée, ce qui expliquerait pourquoi Misha portait cette photo sur elle. Elle avait dû glisser de sa poche au moment où elle se baissait pour que je lui démêle les cheveux. Sa répugnance à me parler pouvait s'expliquer par le fait que l'événement était encore tout récent et qu'elle avait trop de peine pour m'en parler, ce que je pouvais comprendre parfaitement.
157. La réveillon de la peur (57).
Viens découvrir mon troisième blog : Sirène en eau trouble.
157. La réveillon de la peur (57).

156. La réveillon de la peur (56). 02/11/2017

156. La réveillon de la peur (56).
- Je sais mais j'aurais été quand même morte de honte et à propos de cheveux, nous devrons laver les tiens ce soir, ils sentent la vieille graisse rance.
- C'est comme ça que tu me remercies d'avoir sauvé ton honneur ? Et moi, si je te disais que tu sentais la vache ?
- C'est pas moi qui sens, ce sont mes vêtements. Je n'ai pas la garde-robe du tsar et je dois souvent porter les mêmes fringues car on n'a pas le temps de faire les lessives toutes les semaines.
Le mot tsar m'évoqua soudain la chambre luxueuse de mon souvenir.
- Dis-moi, Misha, est-ce que tu crois que j'aurais pu être une princesse dans mon ancienne vie ?
- Oui, tout est possible, tu pourrais même être la fille d'un roi du pétrole mais qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- La chambre, dans laquelle je peignais ma poupée, était très luxueuse.
- Essaie de te concentrer sur cette chambre, peut-être que d'autres souvenirs devraient te revenir. Excuse-moi mais je dois y aller maintenant alors on se retrouve ce soir comme d'hab. J'apporterai le shampoing.
- Oh toi, avec ton shampoing !
Et Misha quitta le poulailler en riant. Ce n'était pas trop à mon goût de plonger ma tête dans l'eau froide mais avec Misha, je n'avais pas trop le choix : ce serait le shampoing sans rechigner ou la dispute assurée. Un autre souvenir me revint un mémoire : je me vis dans une grande baignoire de marbre, de l'eau coulait d'un robinet de cuivre et j'étais couverte de bain mousse, sensation délicieuse agrémentée par une odeur de lavande qui flottait dans l'air. Ce souvenir fugace s'évanouit comme le premier. Je retournai m'asseoir sur le rebord de la mangeoire afin de réfléchir à ce nouveau souvenir quand un bout de carton attira mon attention. Il gisait sur le sol à l'endroit même où Misha s'était assise pour que je lui démêle les cheveux.
156. La réveillon de la peur (56).
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156. La réveillon de la peur (56).

155. La réveillon de la peur (55). 01/11/2017

155. La réveillon de la peur (55).
- D'accord, je te fais confiance et même si je hurle, tu fais comme si tu n'avais rien entendu.
- Tu ne vas pas hurler, petite douillette, je t'ai dit que j'avais l'habitude.
Misha me fixa d'un regard furibond.
- Je ne suis pas le moins du monde douillette, c'est bien pourquoi je t'ai dit de ne pas tenir compte de mes cris.
- T'énerve pas, Manouche, j'ai compris. Penche ta tête maintenant et surtout ne bouge pas pendant que je te les démêle. Tu es autorisée à crier mais pas à bouger. Sinon ce sera la paire de ciseaux.
- Ose seulement t'approcher de moi avec une paire de ciseaux et je te fais une tête au carré.
- Je plaisantais, toi aussi tu prends tout à la lettre on dirait. Baisse la tête maintenant, à ton tour de passer par mes soins !
Misha obtempéra mais avec une certaine réticence. Je commençais à me rendre compte que si Misha aimait me faire la leçon, elle détestait par contre qu'on la lui fasse, faites ce que je dis et pas ce que je fais. Notre petite expédition dans la toundra ne se déroulerait sans doute pas sans quelques frictions où chacune affirmerait son propre caractère mais il nous faudrait faire avec car c'était ça ou l'enfer parental pour elle et la mort dans une casserole pour moi. Je ne mis pas longtemps à lui démêler les cheveux et à les peigner. Les n½uds n'étaient pas rétifs et avec un peu de patience, Misha aurait sans doute pu les défaire elle-même mais voilà, mon amie était l'impatience incarnée. Un souvenir fugace me revint soudain en mémoire : je me vis dans une belle chambre luxueuse en train de coiffer les cheveux d'une poupée.
- Et voilà, partis les vilains n½uds, je t'ai épargné la paire de ciseaux pour cette fois et sans te faire mal puisque tu n'as pas crié.
Misha me plaqua de gros bécots sonores sur les deux joues.
- Merci ma belle, tu me sauves la vie et mieux encore mon honneur.
- À ce point-là ? Je n'ai jamais fait que démêler quelques n½uds comme dans ma vie passée quand je jouais avec ma poupée.
- Si tu te rappelles de ça, c'est bon signe, c'est que la mémoire commence à te revenir. Oui tu as sauvé mon honneur car jamais plus, je n'aurais osé paraître devant toi avec les cheveux courts.
- La belle affaire, bien des femmes ont les cheveux courts et elles ne se sentent pas humiliées pour autant.
- Peut-être mais je n'ai jamais coupé mes cheveux depuis ma naissance. Alors, tu imagines bien le drame pour moi.
- Mais même avec les cheveux courts, tu serais restée mon amie.
155. La réveillon de la peur (55).
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155. La réveillon de la peur (55).

154. La réveillon de la peur (54). 31/10/2017

154. La réveillon de la peur (54).
Dix-huitième jour.

Le lendemain matin, Misha arriva au poulailler dans un état d'affolement total. Elle dansait d'un pied sur l'autre, ses cheveux étaient en bataille et elle agitait un énorme peigne. Je crus un instant que quelque chose de grave s'était passé.
- Eh bien, Misha, qu'est-ce qui t'arrive ?
- J'ai des n½uds dans les cheveux et j'arrive pas à les démêler. Si maman me voit avec des n½uds, elle va vouloir me les couper et j'en ai pas envie. Aide-moi, Natasha, je t'en prie.
- Calme-toi, Manouche, et viens tout près de moi, je vais essayer d'arranger ça.
Misha s'assit à côté de moi sur le rebord de l'abreuvoir, elle me tendit le peigne.
- N'aies surtout pas peur de me faire mal, je préfère souffrir plutôt que de subir l'humiliation des cheveux courts. Si je crie, n'en tiens absolument pas compte et continue, d'accord ?
- Comme tu es excessive, Misha, et d'ailleurs je n'aurai pas besoin de te faire mal car je ne vais pas utiliser ton peigne.
- Comment tu vas faire alors ?
- Je vais te les démêler à la main. Si je prends le peigne maintenant, je risque d'aggraver la situation et tu seras alors obligée de couper les mèches emmêlées.
- Mais ça va te prendre un temps fou !
- Non, ça va aller très vite. Mes cheveux s'emmêlent souvent aussi. Alors, j'ai un peu l'habitude.
154. La réveillon de la peur (54).
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154. La réveillon de la peur (54).

153. La réveillon de la peur (53). 30/10/2017

153. La réveillon de la peur (53).
Misha m'entraîna devant l'abreuvoir.
- Regarde-toi dans l'eau et dis-moi ce que tu vois.
- Pas grand-chose, il fait presque nuit.
- Saperlipopette, j'y avais pas pensé. Où est la lampe torche ?
- Je l'ai glissée sous l'oreiller.
Misha alla chercher la lampe de poche et dirigea le rayon lumineux vers nos deux visages.
- Regarde bien maintenant ! Est-ce que tu vois un monstre ? Un objet abject et repoussant ?
- Non, je vois deux petites filles.
- Exactement, tu es brunette et moi noiraude, tu as les cheveux lisses tandis que les miens ont tendance à boucler mais à part ça, il n'y a pas grande différence entre nous, nous pourrions même être s½urs. Alors cesse de te mettre ces idées stupides dans la tête !
- Pardonne-moi, je suis déboussolée pour le moment. Tes parents qui me prennent pour un lapin, je ne sais plus trop qui je suis...
- Ce n'est pas parce que tu entends un âne braire que tu dois prendre ses propos pour parole d'évangile.
Je lâchai un petit rire :
- Elle est bonne celle-là, je la replacerai.
- Eh bien, puisque tu es rassurée, je vais aller dormir. Bonne nuit, Natie, et plus d'idées noires, d'ac ?
- D'ac, bonne nuit Manouche !
153. La réveillon de la peur (53).
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153. La réveillon de la peur (53).

152. La réveillon de la peur (52). 29/10/2017

152. La réveillon de la peur (52).
- Mais tu avais parlé d'une camionnette. Finalement, nous ne devrons pas y rester si longtemps dans la toundra.
- J'envisage toutes les possibilités et il n'est pas dit que l'idée de la camionnette sera retenue. Je ne l'ai conduite qu'une petite dizaine de fois et encore sur deux ou trois kilomètres, jamais sur le trajet entier de notre ferme à la ville. Elle se fait vieille, on peut tomber en panne à tout moment et je ne sais pas comment on répare un moteur d'auto. Et comme je t'ai expliqué l'autre jour, je dois attendre que mes parents soient aux champs. Or la prochaine moisson n'est pas prévue avant trois semaines. Si c'était possible, j'aimerais bien me tirer d'ici avant, rapport à l'hiver qui promet d'être hâtif cette année et une semaine de gagnée, c'est toujours bon à prendre.
- Tu as quel âge, Misha.
- Je viens d'avoir dix ans et toi ?
- Neuf.
- Ça nous fait juste un an de différence, on aurait même pu être s½ur dans une autre vie.
- Tu parles drôlement bien pour dix ans. Par moment, je croirais presque entendre une grande personne.
- Ça t'étonne ? Jusqu'ici, je n'ai vécu qu'avec deux grandes personnes, tu es le premier enfant que je croise. Bon Natasha, j'adore discuter avec toi, on ne voit pas le temps passer mais va falloir que j'y aille sinon, je serai incapable de me lever à l'heure demain matin.
- Attends, Manouche, j'ai une dernière question.
- Je t'écoute, Natie.
- Si par exemple, j'étais laide et repoussante et que je te demandais si j'étais jolie, qu'est-ce que tu me dirais ?
- Mais qu'est-ce qui t'a mis pareilles sornettes en tête ?
- Réponds-moi, s'il te plaît !
- Tu n'es ni laide, ni repoussante, tu es jolie comme un ange, est-ce qu'il faut que j'apporte un miroir pour te le prouver ? Oh mais attends, j'ai une idée.
152. La réveillon de la peur (52).
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152. La réveillon de la peur (52).

151. La réveillon de la peur (51). 28/10/2017

151. La réveillon de la peur (51).
- Et pourquoi ça ? Les gens ont donc si peur si peur de la vérité ? Si maintenant, je te dis que tu es trop grosse, rassure-toi tu ne l'es pas c'est juste un exemple, eh bien si je te dis ça, tu vas commencer à te poser des questions et te demander si tu ne peux pas faire quelques chose pour maigrir. En te disant la vérité, j'aurai donc agi pour ton bien alors que si je n'avais rien dit, tu aurais continué à t'empiffrer et tu serais devenue obèse.
- Oui mais si j'étais laide, est-ce que tu le dirais ? Là, je ne pourrais rien y changer.
- Mais tu n'es pas laide, voyons, pourquoi est-ce que je te dirais ça ?
- Oui mais si je l'étais vraiment ?
- Dans ce cas, je ne dirais rien, si la personne ne peut rien changer à son état de laideur, c'est inutile de l'enfoncer davantage mais je ne jouerais pas ma faux cul en criant « que t'es belle ! » « que t'es belle ! » Et si tu avais vraiment ressemblé à un sac de pomme de terre, j'aurais dit « Stop, on arrête tout ! » et j'aurais essayé de te trouver quelque chose de plus convenable. C'est comme l'autre jour quand je t'ai secouée parce que tu ne voulais pas me dire où était ton WC. On s'est disputées, la belle affaire ! Les disputes, ça renforce l'amitié. Nous sommes maintenant les meilleures amies du monde et dans deux ou trois semaines, nous vivrons ensemble une fantastique aventure. Entre nous, c'est à la vie, à la mort.
- Oui, c'est pourtant vrai.
- Alors que depuis le début, je n'ai jamais cherché à te ménager et j'ai conscience de t'avoir souvent blessée mais c'était pour ton bien, Nat, il fallait bien que je te secoue comme je l'ai fait encore ce matin pour que tu cesses tes enfantillages avec ce paquet. Ce n'est pas le paradis qui nous attend dans la toundra, c'est un monde hostile et dangereux dans lequel nous devrons être plus rusées que des loups si nous voulons y survivre.
151. La réveillon de la peur (51).
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151. La réveillon de la peur (51).