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170. La réveillon de la peur (70). 16/11/2017

170. La réveillon de la peur (70).
[align=justifyElle me fit un petit clin d'½il avant de sortir du poulailler. Non mais, quelle chipie quand même ! Elle pouvait bien parler de mes cheveux qui sentaient le fromage, que dire de ses vêtements imprégnés de l'odeur de l'étable ? On voyait la paille dans l'½il de son voisin mais jamais la poutre dans les siens. Je n'osais cependant trop rien dire car Misha détenait les clés de ma libération si pas de ma vie et il aurait été très malvenu de me rebeller mais dès que je serais tirée d'affaire, je rétablirais la situation et ferais valoir mes droits au chapitre. Mais quel était donc ce plan tout simple auquel elle n'avait jamais pensé ? Si je comprenais bien, elle allait juste me faire sortir de ce poulailler mais nous n'allions pas prendre la fuite. Et quand je lui ai parlé de ses parents, elle m'a juste fait un « hé hé » plein de sous-entendus. Allait-elle essayer de les convaincre une fois encore que je n'étais pas un animal d'élevage ? La première tentative avait été un bide, alors pourquoi la deuxième serait-elle plus fructueuse ? Autant supplier un tigre qui a décidé de vous dévorer de vous laisser tranquille et de se choisir une autre proie. Non, c'était impossible de raisonner des gens butés. A moins que... Une idée bizarre et un peu déplaisante me traversa la tête. Se pourrait-il que... Oh non, c'était trop délirant, jamais Misha ne ferait une chose pareille mais quand elle revint ce soir-là, je me rendis compte que je m'étais trompée. Elle n'avait même plus son air enjoué du matin, son visage trahissait une profonde anxiété.
170. La réveillon de la peur (70).

169. La réveillon de la peur (69). 15/11/2017

169. La réveillon de la peur (69).
Quand Misha décidait quelque chose, il était inutile de discuter. Mes cheveux étant assez longs, la séance ne fut pas aussi brève qu'annoncée et je poussai des cris de porcelet qu'on égorge au moment où Misha me versa le contenu d'un bol d'eau fraîche sur la tête. S'ensuivit un énergique shampooinée qui m'arrachèrent de nouveaux cris car du savon était entré dans mes yeux. Elle me plongea enfin la tête dans l'eau pour le rinçage final et j'eus beau me débattre comme une diablesse, elle ne relâcha son emprise que lorsque mes cheveux furent nets de toute trace de savon. Dès que je fus libérée, je criai haut et fort toute mon indignation.
- Non mais t'es folle ou quoi ? C'est plus ça un shampoing, c'est de la torture du moyen-âge !
- Voyez-vous ça ! Je n'ai jamais vu une fille plus douillette que toi. Anouchka ne pleurait pas comme toi quand je lui faisais ses shampoings et pourtant, ça durait bien plus longtemps car ses cheveux étaient encore plus longs que les tiens.
- Eh bien moi, je supporte pas l'eau froide, je t'avais prévenue. En plus, tu m'as mis du shampoing dans les yeux.
- Oh mais c'est pas possible ça ! À t'entendre, je t'ai presque rendue aveugle. Mais laisse-moi quand même te sécher ou bien tu vas attraper la mort.
Misha me frictionna avec une telle vigueur que j'en eus le tournis. Au moment où elle commença à me coiffer, j'arrêtai son geste.
- Donne-moi ce peigne, je vais le faire moi-même. Tu es tellement sauvage que tu serais capable de m'arracher les cheveux.
Misha s'esclaffa et me tendit le peigne.
- Pas de problème, Nat, la séance de torture est terminée pour aujourd'hui et te voilà toute belle. Alors, sans rancune ?
- Sans rancune mais tu es une vraie chipie, Misha !
- Une chipie peut-être mais une chipie qui va te sortir de là. Si tout se passe comme prévu, tu n'en a plus que pour quelques jours dans cette cage. Allez à ce soir, Natie.
169. La réveillon de la peur (69).

168. La réveillon de la peur (68). 14/11/2017

168. La réveillon de la peur (68).
- Je ne me moque pas de toi mais permets-moi de t'en parler ce soir quand mes idées seront tout à fait claires. C'est un plan extrêmement simple et je m'étonne de n'y avoir pas pensé plus tôt. Je suis toute excitée, rien que d'y penser.
- Et la mauvaise nouvelle, c'est quoi ? C'est pas trop grave, j'espère ?
Le sourire goguenard de Misha réapparut et je soupçonnai une mauvaise farce.
- Grave ? Oh non, pas le moins de monde mais ça risque de ne pas te plaire, telle que je te connais.
- Pourquoi ?
Misha extirpa une bouteille de shampoing de la poche ventrale d'un tablier tout crasseux qu'elle portait ce jour-là. J'avais bien deviné, elle me mijotait un mauvais coup.
- Misha, tu me déçois. À la place de faire des plaisanteries stupides, parle-moi plutôt de ton plan !
- Ce soir, je t'ai dit. Tes cheveux sentent plus fort que tous mes fromages réunis, il est plus que temps de les laver. Bientôt, tu seras incapable de les peigner.
- Tu sais combien j'ai horreur de l'eau froide.
- Si mon plan fonctionne, tu auras de l'eau chaude à souhait mais en attendant, on fera avec les moyens du bord. Allez penche ta tête au-dessus de l'abreuvoir, je vais essayer de faire vite avant que tu ne te refroidisses.
168. La réveillon de la peur (68).

167. La réveillon de la peur (67). 13/11/2017

167. La réveillon de la peur (67).
Dix-neuvième jour.

Le lendemain matin, Misha avait retrouvé sa belle humeur coutumière, elle m'apporta fièrement un petit morceau de fromage emballé dans du papier journal.
- C'est moi qui l'ai fait avec le lait de nos vaches, j'ai pu en sauver un petit morceau pour toi. Goûte-moi ça, tu m'en diras des nouvelles !
Je dépliai le papier journal. C'était un fromage à pâte dure et à la croûte grisâtre qui me rappelait la tomme que je mangeais autrefois. Étais-ce un autre souvenir fugace aux relents fromagers ? Je croquai dedans, il avait effectivement le goût de la tomme mais en plus prononcé. J'adorais ce fromage et il fut englouti en un rien de temps.
- Délicieux, je ne savais pas que tu savais faire du fromage et j'en reprendrais bien une autre part.
Misha rit de bon c½ur devant ma gourmandise.
- Quand on vit si loin de la civilisation, il faut apprendre à tout faire soi-même. J'essayerai de t'en piquer un autre mais je ne promets rien. Les fromages sont comptés car mon père va les vendre demain matin au grand marché. Et maintenant, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Je commence par la bonne ?
- Oui, je préfère.
- Voilà, il m'est venu une nouvelle idée pendant mon sommeil, je t'avais bien dit que la nuit portait conseil. Je pense avoir trouvé un plan risqué mais infaillible pour te sortir d'ici sans risquer nos vies dans la toundra.
- Mais tu m'en avais déjà parlé de ce plan, on va s'enfuir avec la camionnette.
- Nous n'aurons pas besoin de la camionnette car nous n'allons pas nous enfuir, du moins pas tout de suite.
- Je ne comprends pas, et tes parents alors ?
- Hé hé ! répondit Misha avec un sourire goguenard.
- Quoi, hé hé ? Pourquoi tu te moques de moi ?
167. La réveillon de la peur (67).

166. La réveillon de la peur (66). 12/11/2017

166. La réveillon de la peur (66).
Misha me tendit obligeamment le cliché où elle posait avec sa s½ur. Après avoir allumé la lampe torche, je regarde la Misha figée pour l'éternité sur le papier satiné et ensuite la vraie Misha qui attendait avec impatience que je lui rende son bien. Et soudain, le petit détail, qui m'avait échappé tout à l'heure, me sauta aux yeux.
- Sur la photo, tes cheveux sont de la même couleur que ceux de ta s½ur.
- Mais c'est normal, Natie, puisque nous sommes jumelles.
- Mais tes cheveux sont noirs alors que vous avez toutes les deux les cheveux blonds sur cette photo. Comment ça se fait ?
Et soudain, je vis le visage de mon amie changer, elle se renfrogna comme si j'avais touché un point sensible. Quand elle me répondit, ce fut avec une certaine réticence.
- Oh, je crois que la photo a été surexposée, voilà pourquoi nos cheveux te paraissent plus clairs qu'ils ne le sont réellement.
- Pourtant, vos deux visages n'ont pas l'air d'être surexposés sur cette photo.
- Je suis bien noiraude, Nat, et je l'ai toujours été. À moins que tu me soupçonnes de me teindre les cheveux comme le font les coquettes qui n'assument pas leur couleur de cheveux.
- Mais non, Manouche, je n'ai jamais dit ça.
- Alors, dors bien, Nat, et ne te tracasse pas pour cette photo. Même si elles restituent bien nos visages, elles sont souvent imparfaites.
Misha tendit alors la main et je lui rendis le cliché. Je n'étais pas convaincue par cette explication mais je préférai ne pas insister car je ne voulais pas entamer une nouvelle discussion. Misha m'embrassa et sortit du poulailler. Il faisait nuit noire à présent et je priai pour que l'obscurité traitresse ne la fasse pas tomber dans l'un des nombreux pièges que son père avait installés. Je me sentais trop fatiguée pour lire mon livre de contes et comme je n'avais plus rien d'autre à faire, j'allai me coucher. Je m'endormis dès que ma tête rencontra l'oreiller mais ma dernière pensée avant de sombrer dans le sommeil fut que Misha m'avait menti au sujet de la couleur de ses cheveux.
166. La réveillon de la peur (66).

165. La réveillon de la peur (65). 11/11/2017

165. La réveillon de la peur (65).
- Natie, tu viens de me redonner espoir, c'est comme si Anouchka venait de me faire coucou de l'endroit où elle était mais si nous nous mettons à sa recherche, cela veut dire que nous devrons renoncer à rejoindre la ville avant un certain temps. Nous devrons aussi renoncer à la camionnette qui ne roule bien que sur la piste menant à la ville, je ne pourrai jamais la faire avancer sur les plaines caillouteuses de la toundra.
- Au diable cette vieille camionnette ! Le principal, c'est de retrouver ta s½ur !
- Pas si vite, Nat ! Sache que j'admire ton courage mais notre expédition s'annoncera périlleuse et notre pire ennemi ne sera ni les brigands, ni les animaux sauvages mais bien le froid permanant. Pour l'instant, l'été nous offre des températures encore clémentes mais nous devrons nous attendre à des moins vingt à moins trente degrés au c½ur de l'hiver.
- Mais alors, on va geler sur place !
- Nous devrons nous habiller en conséquence et porter de grosses écharpes pour nous couvrir le nez. Quand la nuit tombera, nous devrons faire du feu, ce qui nous permettra de nous arrêter pour manger et dormir. Autant dire que nos chances de survie seront très très précaires et peut-être pour ne même pas retrouver ma s½ur alors que si nous prenons la camionnette, nous pouvons rejoindre la ville en moins d'une journée.
- Tu hésites ?
- D'un côté, je voudrais rechercher ma s½ur mais de l'autre, je me rends compte que cette expédition est une folie. Je me sens responsable de toi et je ne veux surtout pas que tu perdes la vie dans cet endroit hostile alors que nous pouvons l'éviter. Je crois que nous ferions mieux de dormir là-dessus, on dit souvent que la nuit porte conseil. Demain, nous y verrons peut-être plus clair. Bonne nuit, Natie, et merci pour ton amitié.
Mais comme elle commençait à se lever, je lui retins le bras. Misha se rassit aussitôt.
- Qu'est-ce qui se passe, Nat ?
- Tu pourrais me remontrer la photo ?
- Pourquoi ?
- Un détail qui m'a échappé tout à l'heure.
165. La réveillon de la peur (65).

164. La réveillon de la peur (64). 10/11/2017

164. La réveillon de la peur (64).
- Tu m'as pourtant dit qu'Anouchka n'était pas morte, qu'elle avait disparu, c'est que malgré tout tu espères qu'elle soit vivante quelque part.
- Les chances de survie dans la toundra sont très minces pour une personne seule, il faut y affronter le froid permanent, les bêtes féroces et des rôdeurs qui auraient pu lui faire du mal mais je m'accroche parfois à l'infime espoir qu'elle aurait pu survivre, qu'elle aurait pu rencontrer des gens bienveillants, peut-être des nomades qui l'auraient recueillie et adoptée. Tu sais qu'il existe une sorte de télépathie entre les jumeaux, on peut deviner la pensée de l'autre sans avoir à ouvrir la bouche. Quand je suis triste, quand je souffre physiquement ou moralement, il me semble que j'entends Anouchka dans ma tête comme si elle me disait que tout va bien et voilà pourquoi je refuse l'idée de sa mort. À moins que ce soit mon imagination qui me joue des tours.
- Ce n'est donc pas seulement pour fuir tes parents que tu veux aller dans la toundra, c'est pour essayer de retrouver ta s½ur ?
- J'avoue avoir eu cette idée au départ. À deux, nous aurions pu nous entraider pour tenter de la retrouver mais la toundra s'étend sur des centaines de kilomètres, autant chercher une aiguille dans une botte de foin.
- Pas sûr, ta s½ur a peut-être laissé une piste. Ça fait combien de temps qu'elle a disparu ?
- C'était au début de l'été, un bon gros mois avant ton arrivée.
- Même pas deux mois, alors ? Ce qui signifie que les traces sont peut-être encore fraîches et qu'elles pourraient nous mener à ta s½ur.
164. La réveillon de la peur (64).

163. La réveillon de la peur (63). 09/11/2017

163. La réveillon de la peur (63).
- Mais Anouchka, comment elle réagissait quand tu te faisais punir à sa place ? Elle n'avait pas de remords ?
- Anouchka faisait et acceptait tout ce que je lui demandais. J'étais un peu sa mère, tu vois, puisque sa vraie mère n'en était pas vraiment une pour nous.
- En somme, tu l'avais carrément prise sous ton aile, elle n'avait plus qu'à reposer sa tête sur tes épaules.
- Oui, au propre comme au figuré. Elle posait souvent sa tête sur mon épaule en quête de réconfort comme tu as dû le remarquer sur la photo. C'est bien simple, elle était très souvent collée à moi à tel point que je l'appelais parfois mon petit pot de colle.
De nouvelles larmes inondèrent les joues de Misha.
- Désolée mais je peux pas m'empêcher de pleurer quand je pense à elle.
- Tu n'as pas à t'excuser, Manouche, c'est bien normal de pleurer pour ta s½ur mais tu me disais qu'elle avait disparu dans la toundra, elle pourrait donc être encore vivante.
- Pendant longtemps je l'ai cru et espéré. Tous les soirs j'allais l'attendre mais elle n'est jamais revenue. La toundra ne rend que très rarement ceux qu'elle a pris.
- Mais comment s'est-elle perdue dans la toundra ?
- Maman avait besoin de Thé du Labrador, c'est une plante spéciale qu'on ne trouve que là-bas, elle nous sert pour allumer nos feux. Il nous en fallait un plein panier mais je n'avais pas le temps d'aller en chercher car on m'avait chargée d'autres corvées. Alors maman a dit que c'était à Anouchka d'y aller, que c'était une fainéante qui ne foutait jamais rien, que c'était à son tour de travailler et elle l'a forcée. Dès que notre mère a eu le dos tourné, j'ai supplié Anouchka de ne pas y aller toute seule, que j'allais faire mon possible pour terminer mon travail au plus vite. Mais Anouchka m'a répondu qu'elle connaissait un coin pas trop éloigné où poussait le Thé du Labrador et qu'elle ne voulait pas qu'on se fasse punir toutes les deux. Alors, je l'ai laissée partir et elle n'est jamais revenue. Aujourd'hui, je m'en veux de ne pas l'avoir retenue et je me sens responsable de sa disparition.
163. La réveillon de la peur (63).

162. La réveillon de la peur (62). 08/11/2017

162. La réveillon de la peur (62).
Misha fut incapable d'en dire plus et sa voix se réduisit à quelques borborygmes incompréhensibles. C'était la première fois que je la voyais aussi désemparée et je ne savais comment faire pour la réconforter. Je sentais que mes paroles risquaient d'être maladroites. Ainsi, j'avais vu juste, sa s½ur Anouchka était décédée et la douleur de la séparation encore toute récente. Les petits gestes d'affections pouvaient cependant être plus puissants que les mots. Je m'assis sur le sol de terre battue à côté de Misha et je la serrai très fort contre moi.
- Je ne suis qu'une grande idiote, dit Misha quand elle se fut un peu calmée.
- Non, tu n'es pas une idiote, soulage-toi si ça peut te faire du bien.
- Ma pauvre petite Anouchka, où peux-tu bien être en ce moment ?
- Je ne sais pas si tu es croyante, Manouche, mais je pense que ta s½ur Anouchka n'est pas loin, elle doit te regarder du haut du ciel.
- Anouchka n'est pas morte, elle a disparu dans la toundra.
- Comment ça ?
- Nous avions le même âge car nous étions jumelles mais je la considérais comme ma petite s½ur. Elle a toujours été plus petite et plus faible que moi et c'est moi qui la protégeais. Mes parents étaient aussi sévères avec elle qu'avec moi, ils la soumettaient aux mêmes corvées alors qu'elle pouvait à peine tenir sur ses jambes tant elle était fluette. Alors moi, je faisais le double de ma part afin de lui épargner les tâches les plus ingrates. Quand elle avait fait une bêtise, c'était toujours moi qui me dénonçais pour être punie à sa place.
- Tu devais être très dévouée pour Anouchka, je ne sais pas si j'en aurais fait autant si j'avais eu une s½ur.
- Je l'ai fait parce que je n'avais qu'elle au monde, le seul être humain avec lequel je vivais car nos parents n'étaient pas humains pour nous traiter de la sorte. Alors je prenais les coups pour les lui éviter et quand j'avais trop mal, je remerciais le ciel de m'avoir donné une s½ur si gentille car Anouchka était calme, douce, jamais un mot plus haut que l'autre. Pour ça, elle était beaucoup moins agressive que moi.
162. La réveillon de la peur (62).

161. La réveillon de la peur (61). 07/11/2017

161. La réveillon de la peur (61).
Misha m'étouffa littéralement de gros baisers sonores et humides.
- Oh merci, Natie! Merci ! Merci ! Merci ! Merci ! Je t'en suis éternellement reconnaissante, si tu savais comme j'y tiens à cette photo, c'est la seule que j'ai. Demande-moi tout ce que tu veux et je te le donnerai.
- Si déjà tu pouvais m'aider à sortir d'ici, je n'en demande pas plus.
- Ça c'est déjà acquis. Que tu m'aies aidée ou non, je t'ai promis de nous échapper et nous le ferons. Alors, demande-moi autre chose !
Le moment était donc venu de satisfaire ma curiosité.
- Eh bien, je voudrais en savoir plus sur cette s½ur dont tu ne m'as jamais parlé.
- Je suppose que je devais m'y attendre. Tu ramasses cette photo et me découvre cette s½ur alors que je t'avais affirmé que je vivais seule avec mes parents. Ça a dû te faire un sacré choc.
- Oui quand même !
- Et tu as dû penser pire que pendre de moi. Oh celle-là, elle me ment et me cache plein de trucs, c'est pas ça une vraie amie !
- Je n'irais pas jusque-là même si j'ai été déçue que tu me fasses des cachotteries.
- Et pourtant, tu aurais le droit de te mettre en colère. J'arrête pas de te faire la morale sur la franchise et je te cache des choses importantes. Alors vas-y, tu as le droit de te mettre en colère contre moi.
- Cesse de te punir, Manouche, et si tu veux te racheter, parle-moi plutôt de ta s½ur Anouchka.
Des larmes inondèrent les joues de Misha, sa voix fut entrecoupée de gros sanglots.
- Si je ne t'en ai jamais... jamais parlé... c'est parce que... c'est parce que... j'avais trop mal... Anouchka... Anouchka... tu me manques trop...
161. La réveillon de la peur (61).