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179. La réveillon de la peur (79). 25/11/2017

179. La réveillon de la peur (79).
- Tu as raison, c'est vrai que j'ai un caractère de cochon et que je déteste être contrariée mais je vais essayer de m'amender. Sinon, la situation sera vite ingérable si nous devons vivre sous le même toit.
- En parlant de toit, il m'est revenu d'autres souvenirs.
- Lesquels ? Raconte !
Et je rapportai à Misha ce souvenir où une fillette inconnue poussait mon fauteuil roulant dans un grand couloir somptueux.
- A mon avis, cette petite fille devait être ta s½ur, tu devrais essayer de te rappeler son nom.
- Mais comment tu expliques le fauteuil roulant alors que je suis capable de marcher ?
- Le fait que tu te trouvais dans un fauteuil roulant ne prouve pas que tu sois toi-même invalide. Il appartenait peut-être à un autre membre de ta famille et comme il ne s'en servait pas à ce moment-là, tu as eu envie de l'essayer pour voir l'effet que ça faisait de ne pas pouvoir marcher.
- Oui ça pourrait coller mais j'aurais pu avoir aussi eu une maladie qu'on aurait soignée par la suite.
- C'est possible mais d'autres souvenirs t'aideront sûrement à y voir plus clair et maintenant que le processus est enclenché, tu te rappelleras de plus en plus de choses.
- Si je pouvais me rappeler de l'endroit exact où vit ma famille, est-ce que tu m'aiderais à la retrouver ?
- Cette question, bien sûr que je t'aiderais ! Je ferais tout mon possible pour que tu retrouves ta famille au plus vite mais il reste un très long chemin à faire.
- Mes parents pourraient même t'adopter et nous deviendrions s½urs.
- Ne rêvons quand même pas trop loin, nous n'en sommes pas encore là. Le plus urgent, c'est de te sortir d'ici et le plus tôt sera le mieux.
179. La réveillon de la peur (79).

178. La réveillon de la peur (78). 24/11/2017

178. La réveillon de la peur (78).
Vingtième jour.

Ces pensées tourbillonnèrent encore un long moment dans ma tête avant de m'endormir mais je finis par trouver le sommeil malgré tout. Ce matin-là, je fus réveillée par la main de Misha qui me tapota gentiment l'épaule. Sa colère de la veille avait cédé la place à un radieux sourire mais sa joue droite était toute bleue comme tuméfiée.
- Alors, tu as bien dormi, ma petite marmotte ? Je t'apporte ton petit déjeuner.
- Petit déjeuner, dis-je en bâillant et en me frottant les yeux. Quel petit déjeuner ?
- Celui-ci, répondit Misha en me tendant une planchette garnie de deux grosses tartines à la confiture. Je sais qu'il manque le café mais ça aurait été beaucoup plus risqué d'apporter en plus la cafetière et une tasse jusqu'ici.
- Mais c'est déjà très bien comme ça, merci Misha, tu me gâtes aujourd'hui.
Misha sourit plus largement encore en me regardant dévorer mes tartines. Elle était si jolie quand elle souriait et ne se mettait pas en colère. Le seul détail qui faisait tache était cette joue bleue.
- Qu'est-ce que tu as à la joue, Misha ? On ne t'a pas frappée, j'espère ?
Le sourire de Misha s'évanouit aussi rapidement que mes souvenirs fugaces sur mon ancienne vie. Son front se plissa, elle fit la moue.
- Oh c'est rien, c'est rien du tout !
- Pourquoi tu ne veux pas me le dire ?
- Ben... je me suis punie hier pour avoir été méchante avec toi, je me suis pincé la joue jusqu'au sang, répondit Misha en baissant la tête.
- Misha, faut pas te mutiler comme ça pour une simple dispute.
- Ce n'était pas une simple dispute, je ne sais pas ce qui m'a pris hier soir mais d'ici deux jours ma joue aura repris un aspect normal.
- Misha, je n'ai jamais demandé que tu te pinces la joue. Tout ce que je voudrais, c'est que tu ne montes pas tout de suite sur tes grands chevaux quand nous ne sommes pas d'accord sur un sujet.
178. La réveillon de la peur (78).

177. La réveillon de la peur (77). 23/11/2017

177. La réveillon de la peur (77).
Mais Misha ne daigna pas m'écouter. Elle referma soigneusement la porte du poulailler et s'éloigna pour rejoindre sa maison. Du moins, je le supposais car de mon poulailler, je ne connaissais du monde que de vieux murs décrépis, d'énormes plants de sumac vénéneux qui poussaient en abondance et le sentier que Misha venait d'emprunter, ce sentier plein de promesses de liberté. Je dormis très mal cette nuit-là, la dernière colère de Misha commençait à m'inquiéter. Je ne doutais pas un seul instant que son super plan réussisse, elle m'avait prouvé combien elle était déterminée pour mener les choses jusqu'au bout. Dès que ses parents auraient disparu du paysage, nous allions donc vivre pour quelque temps dans sa maison. Nous serions libres comme l'air sans nous inquiéter du lendemain. Libre ? Non, pas tout à fait ! Misha serait libre et moi, je devrais sans doute me plier à ses quatre volontés et si j'avais le malheur de dire une chose qui ne lui plaisait pas, elle entrerait aussitôt dans une colère effroyable. Je serais sauvée de la casserole, certes, mais pas des sautes d'humeur de mon amie. Dès que je serais libre, j'allais devoir m'affirmer si je ne voulais pas me laisser marcher sur les pieds. Par association d'idées, le mot pied me ramena un nouveau souvenir fugace en mémoire. Mes pieds étaient chaussés de grosses bottines et posés sur des reposoirs en acier. J'étais assise dans une chaise roulante et j'avançais toute seule car on me poussait dans un grand couloir garni de superbes moulures de marbre et de tableaux divers. Je tournai la tête, c'était une petite fille qui me poussait mais je ne pouvais distinguer son visage qui demeurait étrangement dans l'ombre. Le souvenir s'évanouit. Qui était donc cette petite fille ? Une s½ur ? Une cousine ? Une amie ? Et ce luxueux couloir, d'où provenait-il ? De mon ancienne maison ou d'un lieu public comme un hôtel ? Si je pouvais rassembler d'autres souvenirs, je pourrais peut-être retrouver petit à petit l'endroit où je vivais. Et quand on retrouvait son ancienne adresse, c'était déjà un pas vers le retour à la maison. Mais pourquoi diable étais-je dans une chaise roulante dans mon souvenir alors qu'ici je pouvais marcher ? Si je m'étais cassé la jambe, j'aurais porté un plâtre dans mon souvenir. Ou alors, je devais sans doute souffrir d'une infirmité qui avait été soignée par la suite et voilà qui expliquerait pourquoi j'étais capable de me tenir sur mes jambes aujourd'hui.
177. La réveillon de la peur (77).

176. La réveillon de la peur (76). 22/11/2017

176. La réveillon de la peur (76).
- C'est bon, tu as raison, comme toujours quoi !
- Oh et puis, tu m'énerves. Tu n'es qu'une petite citadine pourrie gâtée.
- Qu'est-ce que tu en sais que je suis une petite citadine pourrie gâtée ? Moi-même, je ne sais pas qui je suis vraiment, mes souvenirs ne reviennent que par bribes.
- Tu m'as déjà parlé de tes souvenirs. Cette chambre et cette salle de bain luxueuse et cette eau qui mousse avec ce parfum de lavande. Tu devais donc vivre dans une famille très riche.
- On dirait que tu m'en veux mais ce n'est pas ma faute si j'étais riche.
- Non, je ne t'en veux pas pour ça. Après tout, tout le monde doit bien mourir un jour, qu'on soit riche ou pauvre. Non, je t'en veux parce que tu cherches à me faire la leçon pour deux malheureux oiseaux que j'ai tués alors que j'ai fait tout mon possible pour mettre au point un super plan pour te tirer d'embarras. Et tout ce que j'entends, c'est : « Oh mais tu devrais avoir honte de tuer des petits oiseaux sans défense ! » Voilà toute la reconnaissance que je reçois de mes efforts. De toute façon, je n'attendrai aucune reconnaissance d'une petite citadine comme toi. Je te sauverai la mise parce que c'est mon devoir de le faire et que je me sens responsable de toi mais je n'espèrerai aucun merci et je ne demande d'ailleurs rien en retour. Maintenant, je vais dormir, ça me fatigue de me mettre en pétard. Bonne nuit !
- Attends Misha, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire...
176. La réveillon de la peur (76).

175. La réveillon de la peur (75). 21/11/2017

175. La réveillon de la peur (75).
- Sache que si je n'avais jamais tiré avec cette carabine, je n'aurais jamais retenu ce plan, les armes peuvent avoir des réactions imprévisibles quand on ne les connaît pas. Alors oui, je l'ai essayée, profitant que mes parents étaient absents et donc suffisamment éloignés pour ne pas entendre les détonations. J'ai pu atteindre un couple de moineaux perchés sur un pommier.
- Oh mais tu devrais avoir honte de tuer des petits oiseaux sans défense !
- Voilà bien une réflexion de citadine. Vous mangez de la viande mais qu'on vous parle de tuer un animal et on crie au meurtre et à l'assassinat. Si c'est pas de l'hypocrisie, je ne sais pas ce que c'est !
- J'ai peut-être mangé de la viande mais jamais des petits oiseaux.
- Tu as déjà mangé du poulet, non ? Ne nie pas, tout le monde a au moins mangé une fois du poulet dans sa vie. Mais le poulet c'est un oiseau, un oiseau qui ne vole pas mais un oiseau quand même. Alors pourquoi ce serait interdit d'abattre un moineau et permis de tordre le cou à un poulet ?
- Le poulet, on le tue pour le manger mais le moineau, tu l'as tué par plaisir.
- N'empêche que si je ne m'étais pas exercée sur des piafs, je n'aurais pas eu la main sûre aujourd'hui pour exécuter mon plan et te tirer d'affaire.
- Tu pouvais t'exercer sur une autre cible, un arbre par exemple ou un mur.
- Ah oui ? Et qui se serait fait presque tuer par son père s'il avait vu des impacts de balle sur son mur ou sur ses arbres ? Toi peut-être ?
175. La réveillon de la peur (75).


Cadeau de mon amie Baboune-du-92.

175. La réveillon de la peur (75).

174. La réveillon de la peur (74). 20/11/2017

174. La réveillon de la peur (74).
- Je ne te jugerai pas, Manouche, surtout en sachant ce que tu viens de subir mais ton plan n'est pas sans risque. Que se passera-t-il si tes parents se réveillent au moment où tu t'apprêteras à tirer ? Ou si tu tues l'un et que l'autre parvient à te désarmer ? Ou si tu les rates ? Tu risques d'être arrêtée pour meurtre ou tentative de meurtre. Les gens vont peut-être aussi s'étonner de voir que tes parents ne viennent plus en ville, tu m'as dit qu'ils y allaient fréquemment pour leurs courses ou leur marché. On mènera une enquête pour disparition, la police remontera jusqu'ici.
- Je sais que mon plan n'est pas sans risque mais si on s'arrête avec des « si » on n'avance pas. Ma potion devrait les mettre KO pour quelques heures, je l'ai déjà testée sur des lapins. J'avais même cru les avoir tués tellement l'effet était foudroyant. Cela devrait me laisser le temps de recharger la carabine si je rate mon coup. Et personne en ville ne s'inquiètera de leur disparition au point d'en avertir les autorités. Ici, c'est chacun pour soi. On s'étonnera bien que le père André ne vienne plus vendre ses produits mais l'affaire en restera là. Les autres marchants combleront bien vite la place vacante et seront même heureux d'avoir un peu moins de concurrence. Ah, si nous habitions en ville, ce ne serait pas la même affaire mais qui s'inquiète des habitants d'un petit lopin de terre à l'écart de toute civilisation ? Et qui connaît l'endroit exact où nous sommes ? Personne ! Car personne ne passe jamais ici.
- Et les corps ? Que vas-tu en faire ?
- Il nous faudra les balancer dans le vieux puits désaffecté, c'est une chance que mon père ne l'ait jamais comblé.
- Tu as bien dit « nous » ?
- Seule, je n'y arriverai pas et nous ne pouvons quand même pas les laisser pourrir dans la chambre.
- Juste une question, Manouche, est-ce que tu as déjà eu l'occasion de tirer avec cette carabine ? Je veux dire, si tu ne l'as jamais fait, ça risque fort de foirer.
174. La réveillon de la peur (74).


Merci à Skyrock pour m'avoir élue blogstar.

174. La réveillon de la peur (74).

173. La réveillon de la peur (73). 19/11/2017

173. La réveillon de la peur (73).
Misha s'interrompit, des larmes commencèrent à perler dans ses yeux mais j'attendis patiemment qu'elle reprenne la parole.
- La carabine n'est pas légère mais j'arrive à la prendre bien en main, j'ai l'habitude de porter des charges et je sais aussi comment on met les balles. Je connais aussi des plantes dont l'action conjuguée fait dormir. J'en mettrai dans la soupe du soir et pendant qu'ils en mangeront, je ferai semblant d'avoir des maux de ventre, ce n'est pas la première fois que ça m'arrive. Ils ont l'habitude d'aller dormir peu après le souper et avec ce que j'aurai mis dans la soupe, leur sommeil sera très profond. Ils ne sentiront rien quand... quand... enfin quand je ferai ce qui doit être fait. Et quand ce sera fini, j'irai te délivrer. Mes parents n'étant plus là, nous aurons le champ libre et nous aurons le temps de décider en toute sécurité de ce que nous allons faire puisque toi et moi, nous aurons un toit pour nous abriter et personne d'autre pour nous importuner. Je suis consciente que ce plan comporte une très grande part de cruauté et que ça me poursuivra toute ma vie durant mais pouvons-nous agir autrement ? Si nous ne l'appliquons pas, c'est la mort pour toi à plus ou moins brève échéance et une longue vie de maltraitance pour moi. Si nous fuyons dans la toundra, nous risquons la mort toutes les deux et fuir avec cette vieille camionnette me semble à présent bien surréaliste. Qui dit qu'elle ne va pas nous lâcher dans les premiers kilomètres ? Nous serions contraintes de quitter la piste pour nous perdre dans la toundra, de crainte que mes parents nous aperçoivent sur le chemin. Voilà, maintenant tu sais tout sur mes projets. Tu as le droit de me donner ton avis et même de me juger, je ne t'en voudrai pas.
Ainsi, j'avais vu juste : Misha avait bien l'intention d'utiliser un moyen radical pour mettre fin à la barbarie de ses parents. Mais avais-je le droit de la juger alors qu'elle venait de me montrer ce qu'elle vivait quotidiennement ? Même les bêtes de somme avaient droit à un meilleur traitement.
173. La réveillon de la peur (73).

172. La réveillon de la peur (72). 18/11/2017

172. La réveillon de la peur (72).
- J'aurais compris sans cela, tu sais...
- Ne m'interromps pas car tu ne sais pas encore de quoi il s'agit. Quand tu sauras tout, tu auras le droit de t'exprimer et de me traiter de mauvaise fille...
- Mais pourquoi je te traiterais de mauvaise fille ? Je...
- Qu'est-ce que je viens de te dire, Natasha ?
- De ne pas t'interrompre.
- Alors, ne m'interromps pas ! Je disais donc que tu aurais le droit de me traiter de tous les noms mais avant de le faire et de mal me juger, tu penseras à toutes ces cicatrices qui me constellent le corps et ces cicatrices, elles ne sont pas seulement extérieures mais intérieures et les cicatrices que tu gardes tout au fond de ton âme, elles ne guérissent jamais. Et pardonne mon impolitesse, je suis tout ce qu'on veut sauf civilisée et je dois t'exposer tout ça d'une seule traite sinon, je n'aurai jamais le courage d'aller jusqu'au bout. Comme tu le sais, mon père possède une carabine et...
- Quoi ? Tu ne vas...
- Natasha, interromps-moi une fois encore et tu attendras demain matin pour connaître mon plan.
- Mais j'ai à peine ouvert la bouche.
- C'était déjà de trop, laisse-moi continuer ! Où en étais-je ? Ah oui, mon père possède une carabine. Il s'en sert pour tuer le gros gibier ou pour se défendre contre d'éventuels rôdeurs. Quand il ne s'en sert pas, il la pend au mur de notre pièce de séjour. Il a caché soigneusement les munitions dans un autre endroit mais ça fait déjà longtemps que je connais cette cachette. Ce n'est pas très futé de sa part de dissimuler des boîtes de cartouches sur une poutre de notre grange, je n'ai eu qu'à monter sur une botte de paille pour les trouver et je suis presque sûre que maman doit connaître aussi cette cachette mais le principal, c'est que mon père ne sait pas que je sais... Et...
172. La réveillon de la peur (72).

171. La réveillon de la peur (71). 17/11/2017

171. La réveillon de la peur (71).
- Natasha, écoute-moi bien ! Aujourd'hui mes mains ont été occupées à des corvées si nombreuses qu'il serait ennuyeux de te les énumérer toutes...
Je lâchai un petit rire.
- Oh mais je ne vais pas te demander de les énumérer, rassure-toi, parlons de sujets plus joyeux.
Misha eut un petit geste d'impatience.
- Ne m'interromps pas, s'il te plaît, et cesse de rire, c'est une affaire très sérieuse. Tandis que mes mains étaient occupées à des tâches ingrates, ma tête était totalement déconnectée du reste car je pensais à autre chose. Voilà, je me suis décidée pour cette troisième solution car c'est la plus sûre et la plus simple à mettre en ½uvre mais avant de te l'exposer, je voudrais te montrer quelque chose.
Misha ôta son tablier miteux et commença à déboutonner sa robe.
- Misha, mais qu'est-ce que tu fais ?
- Tais-toi et laisse-moi faire, tu donneras ton avis après.
Misha défit les derniers boutons. Elle écarta les bras et sa robe tomba sur le sol. Sa poitrine, son ventre, ses bras et ses jambes n'étaient qu'une immense carte géographique dont les pays auraient été représentés par des plaies anciennes ou encore purulentes et des ecchymoses de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Elle pivota pour me montrer son dos qui était dans le même état lamentable.
- Oh Misha, ce sont tes parents qui t'ont fait ça ?
Misha hocha la tête.
- Mais ce sont des monstres, c'est pire que je ne croyais !
- Je suppose que ça disparaîtra avec le temps. Je me soigne avec des pommades de ma fabrication mais il restera malgré tout quelques cicatrices.
Misha remit prestement sa robe et son tablier avant de poursuivre...
- Le moment est venu de t'exposer mon plan mais je devais d'abord te montrer ce que mon corps était devenu afin que tu comprennes pourquoi j'avais choisi cette solution...
171. La réveillon de la peur (71).

170. La réveillon de la peur (70). 16/11/2017

170. La réveillon de la peur (70).
[align=justifyElle me fit un petit clin d'½il avant de sortir du poulailler. Non mais, quelle chipie quand même ! Elle pouvait bien parler de mes cheveux qui sentaient le fromage, que dire de ses vêtements imprégnés de l'odeur de l'étable ? On voyait la paille dans l'½il de son voisin mais jamais la poutre dans les siens. Je n'osais cependant trop rien dire car Misha détenait les clés de ma libération si pas de ma vie et il aurait été très malvenu de me rebeller mais dès que je serais tirée d'affaire, je rétablirais la situation et ferais valoir mes droits au chapitre. Mais quel était donc ce plan tout simple auquel elle n'avait jamais pensé ? Si je comprenais bien, elle allait juste me faire sortir de ce poulailler mais nous n'allions pas prendre la fuite. Et quand je lui ai parlé de ses parents, elle m'a juste fait un « hé hé » plein de sous-entendus. Allait-elle essayer de les convaincre une fois encore que je n'étais pas un animal d'élevage ? La première tentative avait été un bide, alors pourquoi la deuxième serait-elle plus fructueuse ? Autant supplier un tigre qui a décidé de vous dévorer de vous laisser tranquille et de se choisir une autre proie. Non, c'était impossible de raisonner des gens butés. A moins que... Une idée bizarre et un peu déplaisante me traversa la tête. Se pourrait-il que... Oh non, c'était trop délirant, jamais Misha ne ferait une chose pareille mais quand elle revint ce soir-là, je me rendis compte que je m'étais trompée. Elle n'avait même plus son air enjoué du matin, son visage trahissait une profonde anxiété.
170. La réveillon de la peur (70).