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189. La réveillon de la peur (89). 05/12/2017

189. La réveillon de la peur (89).
Misha ramassa la lampe tempête et elle ouvrit toute grande la porte du poulailler.
- Natasha, tu es une fille libre, tu peux dire adieu à cette affreuse cage que tu ne reverras jamais plus sauf peut-être dans tes pires cauchemars. Désormais, il ne sera plus jamais question de manger des pissenlits, de boire de l'eau sale, de dormir sur de la paille pourrie ou de finir dans une casserole. Tout cela appartient désormais au passé, oublions-le. Viens maintenant, suis-moi.
Misha me prit par la main et m'entraîna vers l'extérieur.
- Essaie de calquer ton pas sur le mien et regarde bien où tu mets les pieds, je ne voudrais pas que tu te blesses avec les affreux pièges que mon père a tendus. J'ai bien l'intention de les retirer jusqu'au dernier mais nous avons encore bien le temps.
- Comment ça s'est passé avec tes parents ? Tu ne m'en as pas encore parlé.
- Si j'ai pu te délivrer, c'est que tout s'est déroulé selon mes plans mais je te raconterai cela plus en détail quand nous serons arrivées à la maison. Pour l'instant, je préfère me concentrer sur le chemin. Déjà que la lampe n'éclaire pas très fort et moi aussi, j'ai bien failli me faire attraper par ces maudits pièges.
- C'est quel genre de pièges ?
- Des pièges à loups pour la plupart, ce modèle avec d'énormes mâchoires qui se refermeront sur ton pied si tu as le malheur de marcher dessus. Il a aussi creusé des trous dissimulés par des branchages, le fond du trou est garni de tessons de bouteille aussi acérés que des poignards et si tu tombes là-dedans, tu risques même de te tuer. Nous allons devoir reboucher tout ça au plus vite.
- Mais c'est un vrai malade ton père !
- À qui le dis-tu ? Mais grâce à Dieu, nous pouvons désormais dire « c'était un vrai malade ».
189. La réveillon de la peur (89).

188. La réveillon de la peur (88). 04/12/2017

188. La réveillon de la peur (88).
Je commençais à reprendre les esprits, une légère douleur sourdait dans mon crâne.
- C'est la fille de mon souvenir, celle que je pense être ma s½ur.
- Le cidre aurait donc réveillé en toi de nouveaux souvenirs ? Quoiqu'il vaudrait mieux ne plus en abuser, j'y veillerai. Et maintenant, va vite tremper ta tête dans l'abreuvoir, ça te dégrisera un peu.
- Non, pas l'eau froide, par pitié !
- Non mais c'est quoi cette mauviette qui picole et qui a peur d'un peu d'eau froide ? Tu tiens à peine sur tes jambes. Alors va te rafraîchir, ça t'aidera à retrouver ton équilibre, je suis incapable de te porter jusqu'à la maison.
- Je peux encore dormir ici, une nuit de plus ou de moins...
- Mais saperlipopette, je me décarcasse pour la délivrer et cette ingrate veut rester dans sa prison. Natasha, tu as intérêt à aller tremper ta tête si tu ne veux pas que je le fasse moi-même.
Aussi honteuse qu'un gamin surpris en train de voler à l'étalage, j'allai plonger ma tête dans l'abreuvoir sous le regard renfrogné de Misha. Loin d'être désagréable, le contact de l'eau me fit reprendre contact avec la réalité. Je me sentais pourtant un peu nauséeuse, un marteau tapait à coup régulier dans mon crâne.
- Ça va mieux ? me demanda Misha avec une voix un peu radoucie.
- J'ai mal à la tête.
- Tu m'en diras tant ! C'est le cidre qui se venge de ne pas avoir été bu avec sagesse mais je vais te faire une tisane à base d'écorce de saule. C'est très amer mais c'est souverain contre la gueule de bois.
- C'est quoi la gueule de bois ?
- Tu ne connais pas cette expression ? C'est le mal de tête de ceux qui ont trop bu. Mais bon, n'en parlons plus ! Viens, Natie, nous allons fêter dignement ta libération mais plus au cidre cette fois, fit Misha avec un petit clin d'½il malicieux.
188. La réveillon de la peur (88).

187. La réveillon de la peur (87). 03/12/2017

187. La réveillon de la peur (87).
Et je me réveillai. La petite fille, la grande table et le jeu de dame avaient disparu, j'étais de retour dans le poulailler. Misha me secouait l'épaule. Une lampe tempête était posée sur le sol, elle projetait autour de nous une clarté faiblarde.
- Natasha, réveille-toi ! Mais réveille-toi, saperlipopette !
- Je veux plus jouer aux dames, trop compliqué, répondis-je d'une voix pâteuse.
- Les dames ? Mais de quoi tu parles ? Tu es libre, Natasha, je te ramène à la maison.
- Non, y a une folle qui veut me faire jouer aux dames.
- Je comprends rien à ce que tu me racontes... mais... ton haleine sent la vinasse. Ne me dis pas que...
Misha se pencha et ramassa la bouteille vide qui gisait sur le flanc.
- C'est pas vrai, tu as tout bu ? Je comprends maintenant pourquoi tu tiens des propos incohérents. Je t'avais pourtant dit d'y aller mollo. Même le cidre peut rendre pompette quand on n'a pas l'habitude. C'est ma faute aussi, je n'aurais jamais du te laisser cette bouteille. Enfin, c'est pas si grave, tu t'en tireras avec un mal de crâne.
- Ça veut dire quoi pompette ?
- Ça veut dire que t'es aussi saoule qu'une poivrote et qu'il va falloir te dégriser si tu veux marcher droit jusqu'à la maison.
- Elle criait sur moi parce que je jouais mal aux dames.
- Je ne sais pas de qui tu parles mais moi je n'ai jamais eu le temps de jouer aux dames, même avec Anouchka, on nous donnait bien trop de corvées.
187. La réveillon de la peur (87).

186. La réveillon de la peur (86). 02/12/2017

186. La réveillon de la peur (86).
J'étais de retour dans mon ancien domicile. Ma chaise roulante avait été poussée devant une longue table et je jouais avec la petite fille de mon précédent souvenir. Amie ? Cousine ? S½ur ? Je ne pouvais le dire car son visage demeurait toujours dans l'ombre alors que le soleil éclairait abondamment la pièce.
- Qui es-tu ?
- C'est à toi de jouer, répondit la petite fille comme si elle n'avait pas entendu ma question.
- Pourquoi je ne vois pas ton visage ?
Je jouais avec le camp des noirs et je n'avais plus qu'une dizaine de pions sur le damier. Je bougeai une pièce, la petite fille haussa les épaules et se mit en colère.
- Natasha, tu joues vraiment comme une savate ! Je vais encore te prendre trois pions, ça n'a aucun charme de jouer avec toi. Tu me laisses gagner toutes les parties, tu es trop nulle !
- Je m'en moque du jeu, je veux savoir qui tu es !
Et je commençai à pleurer, de gros sanglots me secouèrent le corps.
- Mais ça sert à rien de pleurer, c'est pas comme ça que tu comprendras le principe du jeu. C'est pourtant pas si compliqué, que diable ! Quand tu joues une pièce aux dames, tu dois veiller à ne pas faire de trous dans ton jeu parce que moi je vais en profiter pour m'infiltrer dans ton camp et te prendre des pièces. Tu dois aussi avancer en pointe, c'est la meilleure façon de faire des dégâts dans mon camp. Il faut te réveiller, Natasha, te réveiller !
- Pourquoi tu ne réponds jamais à mes questions ?
- Réveille-toi, Natasha ! Réveille-toi, je t'en supplie ! Réveille-toi !
186. La réveillon de la peur (86).

185. La réveillon de la peur (85). 01/12/2017

185. La réveillon de la peur (85).
Allez, un troisième verre. A moins que je ne le réserve pour Misha ? Bah, Misha devait sûrement avoir d'autres bouteilles. Je me versai le verre que je bus d'une traite. Tiens, la bouteille est déjà vide. Je n'avais pourtant pas bu tellement. Je me sentais aussi légère qu'une bulle de champagne. J'allais m'envoler, traverser le toit du poulailler et je serais enfin libre. Je pourrais prêter main forte à Misha. Je me sentais pousser des ailes. Un lapin ou plutôt une lapine avec des ailes, c'était vraiment cocasse. Je partis d'un grand rire de chèvre.
Je voulus m'approcher de la porte grillagée, j'essayerais d'arracher le cadenas, il fallait absolument que j'aide Misha dans son entreprise. Mais je titubais comme un marin ivre car mes jambes ne me portaient plus. Allais-je redevenir infirme comme dans mon souvenir ? Cette idée ne me tracassait pas outre mesure. Ce qui comptait, c'était cette légèreté et j'avais surtout envie de dormir. Dormir sur ma couche en attendant Misha, voilà qui me paraissait le meilleurs des plans. Je titubai vers mon lit et m'effondrai dessus. Je ne tardai pas à m'endormir...
185. La réveillon de la peur (85).

184. La réveillon de la peur (84). 30/11/2017

184. La réveillon de la peur (84).
Misha me plaqua deux bécots sur les joues avant de s'en aller vers la tâche difficile qui l'attendait encore. Je bus une nouvelle gorgée de ce merveilleux cidre et gorgée après gorgée, je commençais à me sentir beaucoup mieux. Je voyais la vie d'un côté plus plaisant et pourquoi n'aurais-je pas été heureuse avec un futur qui s'annonçait si radieux ? Je ne doutais plus un seul instant que le plan de mon amie était en béton armé. D'ici quelques heures, je serais libre. Il n'y aurait plus de fermiers armés de mauvaises intentions car c'est le bras de Misha qui serait armé. Nous possèderions la maison pour nous toutes seules, seules comme deux naufragées au milieu de cette toundra hostile. Y avait-il plus grand bonheur sur cette terre ?
Tiens, le verre était déjà vide. Et si je m'en versais un autre ? Misha m'avait bien dit d'y aller mollo mais ça me semblait si léger et si agréable à boire que je doutais fort d'être saoule après un deuxième verre. Je serais juste un peu éméchée avec une foule d'idées bien agréables dans la tête. Alors, pourquoi se priver d'une telle félicité ? Je me versai un second verre. Pas mauvais ! Pas mauvais ! Ce petit goût acidulé de pomme, légèrement sucré. Tout allait pour le mieux donc. Bientôt, d'autres souvenirs ressurgiraient de ma mémoire et avec l'aide de Misha, je pourrais rejoindre mon foyer. Je l'aiderais aussi à retrouver Anouchka. Mes parents adopteraient Misha et Anouchka et elles deviendraient mes s½urs. Nous serions peut-être même quatre s½urs si la petite fille qui poussait ma chaise roulante dans mon souvenir faisait bien partie de ma famille.
184. La réveillon de la peur (84).

183. La réveillon de la peur (83). 29/11/2017

183. La réveillon de la peur (83).
Nous entrechoquâmes les verres. Je bus une gorgée du liquide ambré qui me parut fort agréable. Ça goûtait le jus de pomme mais en beaucoup plus raffiné. Misha but à son tour.
- Alors, qu'est-ce que tu dis de mon cidre ?
- Délicieux ! Tu ne m'avais pas menti, c'est un vrai nectar.
- Je te l'avais bien dit. Bon maintenant, parlons sérieusement ! Dès que nous aurons terminé nos verres, je rentrerai chez moi. Je préparerai le mélange de plantes qui doit endormir mes parents et je le verserai dans la soupe du soir. En général, nous soupons de bonne heure. Quand je passais te voir, nous avions fini de manger depuis longtemps. Tandis que mes parents mangeront leur soupe, je ferai semblant d'avoir des coliques et je quitterai la table en catastrophe. Etant donné que ça m'arrive parfois, mes parents ne s'étonneront de rien. Le somnifère agit progressivement. Ils se sentiront d'abord un peu sommeilleux, ce qui devrait les inciter à aller rejoindre leur lit. Là encore, ils ne soupçonneront rien car ce n'est pas la première fois qu'ils tombent de sommeil après le souper suite à une journée bien chargée. J'attendrai encore une heure, histoire d'être sûre que leur sommeil soit bien profond. À ce moment-là, j'irai chercher la carabine, les munitions et je... enfin, je ferai ce qui doit être fait. Et enfin dernier point mais non des moindres, je cours jusqu'ici pour te délivrer et je te ramène à la maison.
- Ça me paraît un très bon plan, j'espère que ça va marcher.
- Ça DOIT marcher. J'ai bien réfléchi à tous les problèmes éventuels et je n'en ai vu aucun qui m'empêche de mener mon plan à bien.
Misha vida son verre d'un trait et passa rapidement la langue sur ses lèvres.
- Voilà, je dois déjà te quitter parce que j'ai encore une foule de choses à faire. Je laisse la bouteille et les verres ici, je reprendrai tout ça tout à l'heure. Tu peux te resservir si le c½ur t'en dit mais vas-y mollo, même le cidre monte à la tête quand on en abuse. A plus, Nat, ce soir tu seras enfin libre.
183. La réveillon de la peur (83).

182. La réveillon de la peur (82). 28/11/2017

182. La réveillon de la peur (82).
Misha souleva la serviette à carreaux. Le panier contenait une bouteille au liquide ambré et deux verres.
- Qu'est-ce que c'est ?
- C'est du cidre que nous produisons nous-même. Tu vas voir comme il est délicieux, un vrai nectar.
- C'est que... je n'ai jamais bu de cidre.
- Il faut un début à tout. Le cidre, ce n'est jamais que du soda de pomme un peu alcoolisé. Tu as déjà bu du soda, je suppose ?
- Du soda oui mais jamais de cidre.
- Tu ne seras pas saoule, petite mauviette, juste un peu éméchée, c'est tout !
- Ça veut dire quoi éméchée ?
- C'est quand tu te sens bien, libre de tout soucis, aussi légère qu'une bulle de savon et que tu as envie de rire sans trop savoir pourquoi.
- Alors, je veux bien essayer, ça fait bien longtemps que je ne me suis pas sentie aussi légère qu'une bulle de savon.
- Dans ce cas, trinquons à notre succès !
Misha déboucha la bouteille qui produisit un petit bruit de succion. Elle nous versa ensuite deux généreux verres de cidre.
- Buvons à ta future libération, ma vieille Nat !
182. La réveillon de la peur (82).

Cadeau de mon ami JeanFerrat86.

182. La réveillon de la peur (82).

181. La réveillon de la peur (81). 27/11/2017

181. La réveillon de la peur (81).
Misha venait toujours me retrouver à l'heure du crépuscule mais quand elle fut de retour, le soleil était encore bien haut dans le ciel. Elle avait apporté un panier dont le contenu était dissimulé par une serviette à carreaux.
- C'est pour ce soir, ma vieille Nat ! Dans quelques heures, cet affreux poulailler ne sera plus qu'un mauvais souvenir.
- C'est vrai ?
Même si je m'y attendais un peu, j'avais du mal à y croire.
- Vrai de vrai, ce soir tu dormiras dans ma chambre dans un vrai lit.
- Mais je ne veux pas te priver de ton lit, je dormirai à terre sur quelques couvertures.
- Sache que je ne laisserai jamais dormir une amie par terre. Dormir par terre, c'est bon pour les chiens et les chats. Et tu ne me priveras de rien du tout car le lit est assez grand pour deux. En fait, c'est le lit que je partageais avec ma s½ur avant que... avant qu'elle ne disparaisse. À moins que ça te dérange de dormir avec une autre personne. Dans ce cas, nous nous arrangerons autrement.
- Non, ça ne me dérange pas du tout, bien au contraire ! Quand je me réveille la nuit, je préfère sentir la présence de quelqu'un, ça me rassure.
- Ma pauvre Natie, j'espère que tu n'as pas eu trop peur durant ces trois semaines que tu as du dormir toute seule dans cet endroit.
- Je n'étais pas à mon aise, le moindre bruit me faisait sursauter. Parfois, je me bouchais les oreilles pour essayer de m'endormir.
- Eh bien je te promets qu'à partir de ce soir, tu n'auras plus jamais besoin de te boucher les oreilles pour t'endormir sauf si ma conversation t'ennuie bien sûr.
Misha partit d'un grand éclat de rire, je l'imitai aussitôt.
- Eh bien, puisque nous sommes d'accord, nous allons fêter ça, dit-elle.
181. La réveillon de la peur (81).

180. La réveillon de la peur (80). 26/11/2017

180. La réveillon de la peur (80).
- Tu sais, c'est une grave décision que tu dois prendre. Est-ce que tu y as mûrement réfléchi car une fois que ce sera fait, tu ne pourras plus revenir en arrière.
- Y réfléchir ? Je ne fais que ça depuis que cette idée m'est venue en tête mais plus je réfléchis plus je me dis que c'est la seule solution qui ne mette pas nos vies en danger. Mes parents te prennent pour un lapin d'élevage et moi pour une bête de somme qu'ils menacent de frapper si je n'accomplis pas les plus basses corvées. Alors c'est qui les monstres dans toute cette affaire ? Eux ou nous ? Nous ne sommes que deux enfants dans un monde de loups, nous avons gagné le droit de nous défendre car nous sommes en état de légitime défense.
- Mais ta mère n'est peut-être pas si méchante. D'après ce que tu m'as dit, elle serait plutôt victime elle aussi de la brutalité de ton père.
- Ma mère est aussi coupable. Certes, elle me bat beaucoup moins mais elle me laisse battre passivement. Quand mon père me frappe, elle ne lève même pas le petit doigt pour me défendre, même pas une parole pour dire stop si la punition est trop dure. Ma mère craint peut-être la brutalité de mon père mais elle est complice elle aussi. Jamais, elle ne m'a prise à part pour me dire qu'elle désapprouvait sa conduite. Même si elle ne pouvait rien y changer, j'aurais su au moins qu'elle était de mon côté. Et c'est à cause d'elle qu'Anouchka a disparu. Si elle ne l'avait pas envoyée dans la toundra, ma s½ur serait encore ici. Non, elle n'a aucune circonstance atténuante et elle mérite le même sort que mon père.
- Je ne vais pas te dire de le faire ou de ne pas le faire et c'est à toi de prendre cette terrible décision.
- Ma décision est déjà prise et elle est irrévocable. Quand on a décidé quelque chose, il faut avancer droit devant soi sans hésiter et surtout sans regarder en arrière. Que je regarde seulement en arrière et je serai perdue. Voilà, je dois déjà te laisser, mes parents ont inventé qu'il fallait chauler la maison avant l'hiver et je dois aller aider alors qu'on a déjà chaulé l'année passée. Enfin, ce sont sans doute les dernières corvées pénibles que j'exécute pour eux. A ce soir, Nat !
180. La réveillon de la peur (80).